Votre cheval se déplace à petits pas. Il hésite avant chaque virage, reste planté plus longtemps que d’habitude, et quand vous le sortez du pré, quelque chose dans sa démarche ne ressemble plus à ce que vous connaissez. Ce changement, même discret, peut être le premier signe d’une fourbure. Le problème ne se limite pas au pied : il touche les tissus qui maintiennent l’os en place à l’intérieur du sabot, et chaque heure compte. Reconnaître tôt, ne rien aggraver et comprendre ce que votre vétérinaire mettra en place : c’est la meilleure façon de protéger les pieds de votre cheval.
Dans ce guide vous allez apprendre
- Les signes précoces à repérer : pourquoi une raideur nouvelle ou une hésitation au virage suffisent à déclencher un appel
- Les gestes d’attente qui protègent : ce que vous pouvez faire, et surtout ne pas faire, entre la suspicion et l’arrivée du vétérinaire
- Les trois familles de causes : comment un problème hormonal, une maladie générale ou une surcharge du pied peuvent provoquer la même crise
- Le rôle des radios et du bilan sanguin : ce que chaque examen change concrètement dans la prise en charge
- Le binôme vétérinaire et maréchal-ferrant : pourquoi les soins du pied ne suffisent pas si la cause reste en place
- Les clés de la prévention : alimentation, surveillance du poids et suivi régulier pour éviter les récidives
📋 Sommaire
- Fourbure cheval : quels signes imposent d’appeler le vétérinaire ?
- Que faire en attendant le vétérinaire sans aggraver les lésions ?
- Pourquoi la fourbure apparaît-elle ?
- Comment le vétérinaire confirme-t-il le diagnostic et évalue-t-il les pieds ?
- Quels traitements soulagent et protègent le cheval fourbu ?
- Comment adapter l’alimentation et prévenir les récidives ?
- Guérison, suivi et reprise : ce qui détermine la suite
- Fourbure cheval : agir tôt pour protéger durablement
Fourbure cheval : quels signes imposent d’appeler le vétérinaire ?
La fourbure touche les lamelles, ces tissus fins qui rattachent la dernière phalange du pied (P3) à la paroi interne du sabot. Quand elles se détériorent, P3 peut basculer ou descendre dans le sabot, parfois jusqu’à perforer la sole dans les cas extrêmes. Cette atteinte justifie un appel vétérinaire immédiat : plus tôt la prise en charge commence, meilleures sont les chances de limiter les dégâts.
Une démarche qui change sans raison apparente
Le signe le plus fréquent est une modification de la façon dont votre cheval se déplace. Il avance à petits pas, comme s’il marchait sur des œufs. Les virages deviennent hésitants, les pentes plus compliquées, et la mise en route du matin prend plus de temps que d’habitude. Vous le connaissez : si quelque chose a changé dans sa démarche sans explication évidente, c’est un signal à prendre au sérieux. Ne le faites pas marcher pour voir si cette raideur passe : appelez le vétérinaire et décrivez ce qui a changé.
Des pieds chauds et un pouls palpable
En posant la main sur les pieds, vous pouvez les trouver anormalement chauds. Le pouls digital, que l’on sent au niveau du paturon, peut sembler plus fort qu’à l’ordinaire. Ces deux observations sont évocatrices, pas diagnostiques : un pied chaud après un exercice n’a pas la même signification qu’un pied chaud au repos, le matin, sur un cheval qui n’a pas bougé. Un pied chaud seul ne confirme rien, mais associé à une démarche modifiée, il renforce la suspicion de fourbure. Décrivez ce que vous constatez au vétérinaire, même si vous doutez de votre interprétation.
Quand la douleur s’installe
Dans les formes plus sévères, le cheval adopte une posture campée, les antérieurs avancés pour reporter le poids sur les talons. Certains refusent de marcher, d’autres de se relever. La fourbure touche le plus souvent les deux pieds antérieurs, parfois les quatre à la fois. Une fourbure dite d’appui peut ne concerner qu’un seul pied, celui qui compense un membre opposé blessé. L’absence de posture typique ne doit jamais rassurer à elle seule : certains chevaux ne campent pas alors que leurs lamelles sont déjà fragilisées.
- Petits pas inhabituels ou hésitation nouvelle dans les virages : appelez votre vétérinaire sans attendre
- Refus de marcher ou de se relever : signalez immédiatement la gravité de la situation
- Pieds chauds au repos ou pouls digital augmenté : observation à rapporter, elle ne confirme ni n’exclut la fourbure à elle seule
- Ne faites pas marcher votre cheval pour vérifier : décrivez ce que vous voyez, le vétérinaire évaluera sur place
Ne pas tester la locomotion soi-même
Inutile de faire trotter votre cheval en ligne droite ou de le pousser dans un virage serré pour confirmer vos soupçons. Forcer un déplacement sur des lamelles fragilisées risque d’aggraver les lésions du pied. La bonne démarche, c’est de décrire au téléphone ce que vous avez observé : le moment, la durée, l’intensité, les pieds concernés si vous le savez. Appelez dès que le doute existe, sans chercher à accumuler des preuves avant de décrocher le téléphone.
Que faire en attendant le vétérinaire sans aggraver les lésions ?
Le vétérinaire est prévenu. En l’attendant, votre rôle est d’éviter tout geste qui pourrait aggraver la situation, et de préparer ce qui aidera le praticien à intervenir plus vite.

Réduire les déplacements au strict nécessaire
Si votre cheval est au pré, ne le faites pas traverser toute la propriété pour rejoindre son box. Un cheval dont les lamelles sont fragilisées souffre à chaque pas, surtout sur sol dur. Demandez au vétérinaire si un court déplacement est envisageable et dans quelles conditions. Si le cheval est déjà au box, vérifiez que la litière est suffisamment épaisse et laissez-le au repos complet. Un sol souple et un espace calme protègent mieux les pieds qu’un aménagement compliqué. L’objectif est simple : réduire au minimum la pression sur les pieds le temps que le vétérinaire arrive.
Retirer l’accès à l’herbe et aux grains, sans affamer
En attendant les consignes précises, coupez l’accès au pâturage et aux concentrés. Laissez de l’eau fraîche à volonté. Proposez du foin de graminées et demandez au vétérinaire quelle quantité donner. Le piège serait de tout supprimer : un apport insuffisant peut entraîner une accumulation excessive de graisses dans le sang, particulièrement dangereuse chez les poneys et les ânes. La ration sera ajustée par le vétérinaire une fois le diagnostic posé. Si une douleur abdominale accompagne les signes de fourbure, demandez des consignes alimentaires spécifiques avant de proposer quoi que ce soit.
Aucun médicament, aucun remède, aucun geste technique
Ne donnez ni aspirine, ni anti-inflammatoire prévu pour l’homme, ni huile essentielle, ni complément alimentaire. Ne tentez pas de déferrer, de parer le pied ou de poser une cale improvisée. Un médicament non prescrit peut masquer la douleur le temps de l’examen, fausser le diagnostic et retarder la prise en charge réelle. Le pied a besoin d’un professionnel, pas d’un essai de bonne volonté. Profitez plutôt de l’attente pour rassembler les informations qui aideront le vétérinaire à comprendre rapidement ce qui s’est passé.
Rassemblez ces informations pendant l’attente, pas avant d’appeler.
- L’heure à laquelle vous avez observé les premiers changements
- Un accès récent à des céréales, un changement de pâture ou de ration
- Une maladie récente, un poulinage ou un épisode de fièvre
- Les traitements en cours et les antécédents de fourbure
- Tout changement alimentaire des derniers jours
Pourquoi la fourbure apparaît-elle ?
La douleur se manifeste dans le pied, mais la cause vient souvent de bien plus loin. Comprendre ce mécanisme, c’est comprendre pourquoi soigner le sabot seul ne suffit pas quand le problème d’origine reste en place.
Ce qui se passe à l’intérieur du sabot
Les lamelles du pied fonctionnent comme un système de suspension : elles maintiennent P3, la dernière phalange, solidaire de la paroi du sabot. Quand ces lamelles sont endommagées, la phalange perd son ancrage. Elle peut basculer vers l’avant (rotation) ou descendre dans le sabot (descente). Dans les cas les plus graves, P3 peut perforer la sole. Cette complication n’est pas inévitable, et seul l’examen vétérinaire permet d’évaluer la situation réelle du pied. Retenir cette image aide à comprendre pourquoi chaque heure de pression supplémentaire sur un pied atteint aggrave les choses.

Les troubles endocriniens : SME et PPID
La première famille de causes est hormonale. Le syndrome métabolique équin (SME) correspond à une mauvaise régulation de l’insuline, l’hormone qui aide à contrôler le sucre dans le sang. Le corps peut en produire trop, et les tissus peuvent y répondre moins bien. Le SME concerne souvent des chevaux ou des poneys en surpoids, notamment de races rustiques, mais un animal mince peut aussi être atteint. Le PPID, aussi appelé maladie de Cushing, touche plutôt les chevaux âgés et perturbe la régulation hormonale à un autre niveau. Ces deux maladies peuvent coexister chez un même animal, et chacune nécessite un traitement spécifique pour réduire le risque de récidive.
Un cheval d’apparence normale n’est pas protégé pour autant : les causes ne se limitent pas à l’alimentation ni au surpoids.
Les maladies inflammatoires générales
Une colique sévère, une infection utérine après un poulinage, une rétention placentaire ou toute inflammation importante de l’organisme peuvent provoquer une fourbure par voie systémique. Le problème ne vient alors ni de l’alimentation, ni du poids : c’est une réaction inflammatoire qui atteint les lamelles par la circulation sanguine. Si votre cheval montre aussi des signes de douleur abdominale, les gestes d’urgence face à une colique ne se transposent pas à la fourbure : demandez au vétérinaire les consignes adaptées à cette double situation.
La fourbure d’appui : un pied qui porte pour deux
Quand un cheval souffre d’une fracture ou d’une blessure grave sur un membre, il reporte son poids sur le membre opposé. Cette surcharge prolongée peut endommager les lamelles du pied sain, qui n’était pas conçu pour porter seul le poids de l’animal pendant des jours ou des semaines. C’est une forme de fourbure moins connue, qui rappelle que le pied n’est pas toujours le point de départ du problème. Poneys, ânes et races lourdes sont particulièrement à surveiller quelle que soit la cause, mais aucun cheval n’est totalement protégé par sa morphologie seule.
Le surpoids est un facteur de risque reconnu, pas la seule porte d’entrée. Un trouble hormonal débutant, une maladie inflammatoire grave ou une surcharge d’appui prolongée peuvent déclencher une fourbure chez un cheval qui ne présente aucun signe extérieur de surcharge pondérale.
Comment le vétérinaire confirme-t-il le diagnostic et évalue-t-il les pieds ?
Le diagnostic d’une fourbure ne repose pas sur un seul test. Plusieurs examens sont souvent nécessaires, et chacun apporte une information distincte. Savoir ce que chaque étape recherche vous aide à comprendre les décisions du vétérinaire et à poser les bonnes questions.
L’examen clinique : localiser et évaluer
Le vétérinaire commence par observer la démarche, palper les pieds et évaluer la douleur à la pression. Il cherche quels pieds sont atteints, si la douleur est modérée ou sévère, et s’il existe des signes d’une maladie associée. L’état corporel, le poil, la musculature, d’éventuelles traces de maladie récente : chaque détail oriente la suite. Les informations que vous avez rassemblées pendant l’attente l’aident à cibler ses examens sans perdre de temps. Cette première étape détermine lesquels des examens complémentaires sont nécessaires.
Les radiographies : voir où en est P3
Les radios du pied montrent la position de P3 par rapport au sabot : une éventuelle rotation vers l’avant, une descente, ou une situation encore stable. Ces images guident directement les décisions de parage et de ferrure corrective. Elles servent aussi de référence pour suivre l’évolution au fil des semaines : comparer les clichés d’un contrôle à l’autre permet de savoir si la prise en charge fonctionne ou si un ajustement est nécessaire. Les radiographies éclairent également le pronostic, en montrant l’étendue des dégâts sur les structures internes du pied. Dans certains cas complexes, un phlébogramme peut compléter le bilan en évaluant la vascularisation, mais cet examen spécialisé n’est pas systématique.
Le bilan sanguin : chercher la cause sous-jacente
Selon l’âge du cheval, son histoire et le contexte clinique, le vétérinaire peut demander un dosage d’insuline ou d’ACTH pour rechercher un syndrome métabolique équin ou un PPID. Ces deux maladies ne se présentent pas de la même façon et ne se traitent pas pareil : les différencier est essentiel pour adapter la prévention. Les analyses ne confirment pas la fourbure elle-même, elles identifient le terrain qui l’a rendue possible. Traiter le pied sans corriger un déséquilibre endocrinien, c’est s’exposer à une récidive que ni la ferrure ni la ration ne pourront empêcher seules.
Ce que chaque examen apporte
| Examen | Information recherchée |
|---|---|
| Examen clinique | Localisation de la douleur, gravité et indices d’une maladie associée |
| Radiographies du pied | Position de P3, orientation du parage et de la ferrure, suivi de l’évolution |
| Bilan sanguin orienté | Maladie endocrinienne associée (SME, PPID) |
| Phlébogramme (si indiqué) | Vascularisation du pied dans les cas complexes |
Quels traitements soulagent et protègent le cheval fourbu ?
La prise en charge d’une fourbure associe plusieurs volets en même temps. Aucun ne fonctionne isolément : c’est leur combinaison qui protège le pied et donne au cheval les meilleures chances de récupération.
Contrôler la douleur sur prescription
Le vétérinaire prescrit des anti-inflammatoires adaptés au cheval. Ces médicaments soulagent la souffrance et freinent l’inflammation locale, mais ils ne réparent pas les lamelles endommagées. C’est un point essentiel : une baisse de douleur visible ne signifie pas que le pied se porte mieux. Elle signifie que le traitement agit sur le symptôme, pas sur la cause. Le cheval doit rester au repos tant que le vétérinaire n’a pas réévalué la situation, même s’il semble aller mieux. Un animal qui recommence à se déplacer normalement sous anti-inflammatoires prend des risques à chaque pas si ses lamelles restent fragiles.
Protéger le pied pendant la cicatrisation
Le soutien mécanique du pied vise à soulager les lamelles fragilisées et à stabiliser P3 dans le sabot. Selon la situation, le vétérinaire et le maréchal-ferrant peuvent intervenir avec une ferrure corrective, un parage adapté ou un dispositif de soutien temporaire. Ces choix sont guidés par les radiographies et l’évaluation clinique : il n’existe pas de montage universel valable pour toutes les fourbures. Un parage réalisé sans connaissance de la position de P3 peut aggraver la situation au lieu de l’améliorer.
Le vétérinaire et le maréchal travaillent ensemble
C’est un point qui surprend parfois les propriétaires. La ferrure ou le parage d’un cheval fourbu ne se décide pas indépendamment du traitement médical. Le vétérinaire fournit les radios et le diagnostic, le maréchal adapte son intervention technique en conséquence. Cette coordination est essentielle à chaque étape de la prise en charge : au moment de la crise, puis lors de chaque ajustement au fil des semaines. Si votre maréchal habituel n’a pas l’habitude de travailler sur des pieds fourbus, le vétérinaire peut vous orienter vers un professionnel expérimenté.
Le froid en phase précoce
L’application de froid sur les pieds, en phase très précoce, peut contribuer à limiter l’aggravation des lésions lamellaires. Ce signal a été documenté dans des publications vétérinaires. Cela ne signifie pas qu’une douche rapide au tuyau d’arrosage remplace un protocole encadré : l’efficacité dépend du moment, de la durée et des conditions. Demandez à votre vétérinaire s’il recommande le refroidissement et comment le mettre en place concrètement, sans forcer le cheval à se déplacer pour rejoindre un point d’eau.
Fourbure aiguë et fourbure chronique : des besoins différents
La phase aiguë impose un repos strict, un contrôle rapide de la douleur et une protection immédiate du pied. La fourbure chronique, avec ses lésions installées et parfois des déformations du sabot, demande un suivi prolongé, des ajustements réguliers de ferrure et une surveillance étroite de la cause. Les deux situations ne se gèrent pas avec les mêmes priorités ni le même rythme. Un cheval en phase chronique n’est pas guéri : il nécessite une attention continue, souvent sur plusieurs mois, parfois de façon permanente.
La fourbure expliquée en quelques minutes
Ostéopathie Animale propose une présentation générale de la fourbure en moins de cinq minutes, pour une première approche du sujet. Ce format introductif ne remplace pas l’avis du vétérinaire, indispensable pour choisir les soins adaptés à votre cheval.
Comment adapter l’alimentation et prévenir les récidives ?
Une fois la crise prise en charge, la prévention des récidives devient l’enjeu central. L’alimentation y joue un rôle majeur, mais elle n’est pas le seul levier à actionner.
Construire une ration adaptée, pas un régime tout fait
La ration d’un cheval qui a fait une fourbure se construit avec le vétérinaire, en fonction du poids réel, de l’état corporel et du bilan sanguin. Un poney insulino-résistant en surpoids n’a pas les mêmes besoins qu’un cheval qui sort d’une maladie inflammatoire. Le fourrage adapté constitue la base, mais les quantités et le type dépendent de chaque situation individuelle. Demandez une ration écrite et détaillée plutôt que de reproduire un plan alimentaire trouvé en ligne. Ce qui fonctionne pour un cheval léger en bonne santé hormonale peut se révéler dangereux pour un poney atteint de syndrome métabolique.
Sécuriser l’accès aux grains et gérer l’herbe
Votre cheval a eu accès par accident à un stock de céréales ? Appelez tout de suite le vétérinaire, même s’il ne boite pas. Une ingestion excessive expose à des complications digestives et à une fourbure : n’attendez pas les signes du pied. La sécurisation du lieu de stockage (verrou solide, porte qui ferme réellement, distance suffisante) est une mesure de prévention aussi concrète que le contenu de la gamelle. L’accès à l’herbe demande une gestion attentive, surtout au printemps et à l’automne quand elle est particulièrement riche en sucres solubles. Un panier de pâturage peut réduire l’ingestion, mais certains chevaux compensent en mangeant plus vite dès qu’on le retire. L’herbe rase n’est pas non plus un gage de sécurité : un pré tondu peut concentrer autant de sucres qu’un pré haut.
Surveiller le poids et l’état corporel dans la durée
Un suivi régulier du poids et de la silhouette permet de repérer une prise pondérale avant qu’elle ne devienne un facteur de risque. Les poneys, les ânes et les races rustiques sont les plus exposés, mais aucune morphologie ne constitue une protection absolue. Si un SME ou un PPID a été diagnostiqué, le traitement prescrit doit être maintenu et réévalué à intervalles réguliers avec le vétérinaire. Même si votre cheval semble aller mieux, ne changez pas son traitement et ne l’arrêtez pas sans l’avis du vétérinaire.
L’exercice : uniquement hors crise et sur autorisation
L’activité physique régulière fait partie de la prévention au long cours. Elle contribue à maintenir un poids stable et améliore la sensibilité à l’insuline chez les chevaux métaboliques. La nuance est capitale : cet exercice n’est bénéfique que sur des pieds qui le supportent. En phase douloureuse, toute mise en mouvement forcée aggrave les lésions. La reprise se fait progressivement, après réévaluation vétérinaire et accord du maréchal sur l’état du pied. L’exercice de prévention et l’exercice en crise sont deux réalités distinctes, et les confondre coûte cher.
Prévention des récidives : les points à vérifier
- Ration définie par le vétérinaire et respectée au quotidien
- Stockage des grains fermé et inaccessible au cheval
- Accès à l’herbe géré selon la saison et l’état de l’animal
- Poids et état corporel contrôlés régulièrement
- Pieds suivis par le maréchal en coordination avec le vétérinaire
- Cause endocrinienne (SME, PPID) dépistée et traitée si présente
- Exercice repris uniquement après autorisation vétérinaire
Guérison, suivi et reprise : ce qui détermine la suite
Ce qui fait la différence dans l’évolution
Le pronostic d’une fourbure dépend de trois éléments : l’étendue des lésions sur les lamelles et P3, la nature de la cause identifiée, et la rapidité avec laquelle la prise en charge a commencé. Quand la cause est contrôlable et les dommages modérés, une récupération satisfaisante est tout à fait possible. Dans d’autres situations, le traitement atténue la douleur, mais une gêne résiduelle peut persister. Le pied peut se déformer avec le temps, et des abcès apparaissent parfois au cours de la cicatrisation. Aucun délai universel de guérison n’existe : chaque cheval évolue selon sa propre situation.

Quand recontacter le vétérinaire ?
Toute aggravation des signes, tout retour de la douleur après une amélioration, ou un nouveau refus de se déplacer doivent vous amener à rappeler sans hésiter. Le suivi radiographique permet de mesurer l’évolution de la position de P3 et d’ajuster les soins du pied en conséquence. Une amélioration clinique ne dispense pas de ces contrôles : le cheval peut paraître confortable alors que la situation interne du pied reste fragile. Seul le vétérinaire peut confirmer que l’évolution va dans le bon sens.
La question de la reprise
Remonter un cheval après une fourbure est une question légitime, et la réponse est toujours individualisée. Elle dépend de l’état réel du pied, de la stabilisation de la cause et de la réévaluation par le vétérinaire et le maréchal. Le fait que votre cheval ne boite plus ne signifie pas que ses pieds supporteront un cavalier. La reprise, quand elle est possible, se fait par paliers. Certains chevaux retrouvent une activité normale, d’autres gardent des limitations. Le vétérinaire est le seul à pouvoir vous dire où en est le vôtre.
Fourbure cheval : agir tôt pour protéger durablement
La fourbure est une urgence qui se joue dans les premières heures. Reconnaître une démarche qui change, appeler immédiatement, limiter les déplacements et ne rien improviser : ces réflexes protègent les pieds avant même l’arrivée du vétérinaire. La suite dépend de ce que les examens révèlent, parce qu’un pied douloureux raconte souvent une histoire qui dépasse le sabot. Qu’il s’agisse d’un dérèglement hormonal, d’une maladie inflammatoire ou d’une surcharge mécanique, traiter la cause compte autant que soulager la douleur. La prévention des récidives se construit au quotidien : une ration adaptée, un poids surveillé, des pieds régulièrement entretenus et un suivi vétérinaire qui ne s’arrête pas quand l’animal semble aller mieux. Votre cheval a une capacité d’adaptation remarquable, à condition que les décisions qui l’entourent reposent sur un diagnostic, pas sur une intuition.
Sources et références
- Clinique vétérinaire de Grosbois · cliniqueveterinairegrosbois.fr
- Clinique de Conques · cliniquedeconques.com
- Agriculture Manitoba · gov.mb.ca
- Label EquuRES, La fourbure (cryothérapie précoce) · label-equures.com
Fourbure cheval : vos questions fréquentes
Pas sans prescription vétérinaire. L’aspirine n’est pas un traitement de première intention de la fourbure, et une dose inadaptée peut provoquer des effets secondaires digestifs graves. Aucun anti-inflammatoire humain ne remplace l’appel au vétérinaire ni le traitement qu’il prescrira après examen.
Non. Aucun remède domestique ne traite les lésions des lamelles ni ne protège P3. Le seul geste utile en attendant le vétérinaire est de limiter les déplacements, d’installer un sol confortable et de retirer l’accès à l’herbe et aux grains. La fourbure nécessite une prise en charge professionnelle.
Il n’existe pas de durée standard. L’évolution dépend de l’étendue des lésions, de la cause et de la qualité du suivi. Certains chevaux retrouvent un confort satisfaisant en quelques semaines, d’autres nécessitent des mois de soins et de ferrure adaptée. Une amélioration visible de la démarche ne signifie pas que le pied a retrouvé son intégrité.
Oui. Le surpoids est un facteur de risque, pas une condition préalable. Une maladie inflammatoire, un trouble hormonal ou une surcharge mécanique d’appui peuvent déclencher une fourbure chez un cheval d’apparence mince. L’absence d’embonpoint ne protège pas.
La reprise dépend de l’état du pied, de la stabilisation de la cause et de l’avis du vétérinaire. Ce n’est pas parce que votre cheval ne boite plus qu’il est prêt à être remonté. La décision appartient au vétérinaire et au maréchal, sur la base de la réévaluation clinique et radiographique.
Non. Le panier réduit l’ingestion d’herbe, mais il ne traite ni les causes hormonales, ni les surcharges alimentaires accidentelles, ni les fourbures d’appui. Certains chevaux compensent en mangeant plus vite lorsqu’on retire le panier. C’est un outil de gestion utile, pas une garantie de protection.

Antoine participe à la rédaction de contenus consacrés à la santé et au bien-être des équidés. Il s’intéresse particulièrement à la prévention des maladies, à l’alimentation et aux affections chroniques. Son travail vise à préserver la santé des chevaux, poneys, ânes et autres équidés à chaque étape de leur vie.
Article publié par la rédaction de la Clinique Vétérinaire Saint-Romain. Les informations présentées dans ce guide s’appuient sur les connaissances vétérinaires actuelles et sont régulièrement mises à jour afin d’offrir une information fiable aux propriétaires d’animaux de compagnie, de chevaux et de NAC.















