Votre chien ne s’est pas levé ce matin comme d’habitude. Il est resté couché, a à peine reniflé sa gamelle, et quand vous l’avez appelé, il a tourné la tête sans bouger. Vous repensez à cette promenade en forêt, à cette tique retirée il y a quelques jours. Ou peut-être que vous n’en avez vu aucune. Ce changement brutal vous inquiète, et c’est normal. La piroplasmose, aussi appelée babésiose, est une maladie transmise par les tiques qui peut évoluer vite si elle n’est pas prise en charge rapidement. Ce guide vous aide à reconnaître les signes qui justifient un appel au vétérinaire, à comprendre les examens et le traitement, et à accompagner votre chien tout au long de sa récupération.
Dans ce guide vous allez apprendre
- Les signes d’alerte à ne pas ignorer : pourquoi l’absence d’urines foncées ne doit pas retarder un appel, et quels changements imposent de réagir vite
- Le parcours du parasite : comment Babesia, transmis par une tique, détruit les globules rouges et peut atteindre les organes
- Ce que les analyses apportent : frottis, PCR et bilans sanguins, leurs forces et leurs limites pour confirmer le diagnostic
- Le traitement et la récupération : du soin vétérinaire au suivi des jours suivants, les repères pour accompagner votre chien sans fausse sécurité
- La prévention sur trois fronts : inspection, antitique et vaccination, trois protections complémentaires à discuter avec votre vétérinaire
📋 Sommaire
- Piroplasmose chien : quels signes imposent d’appeler le vétérinaire ?
- Comment la maladie se transmet-elle et pourquoi est-elle grave ?
- Comment le vétérinaire confirme-t-il une piroplasmose ?
- Quels traitements et quels soins peut recevoir le chien ?
- Combien de temps dure la récupération et que surveiller ?
- Comment limiter une nouvelle exposition aux tiques ?
- Que peut apporter le vaccin contre la piroplasmose ?
- Piroplasmose du chien : le réflexe qui change le pronostic
Piroplasmose chien : quels signes imposent d’appeler le vétérinaire ?
Un changement brutal, souvent sans explication évidente
Un chien habituellement vif qui refuse de se lever, c’est le premier signal à prendre au sérieux. L’abattement s’installe souvent d’un coup : votre chien reste couché, ne réagit plus à l’appel, ne s’intéresse ni à sa gamelle ni à sa laisse. La perte d’appétit suit de près, parfois en quelques heures seulement. Ce n’est pas un simple coup de fatigue après une longue promenade. C’est un basculement net qui tranche avec son comportement de la veille. Vous n’avez pas besoin de savoir si c’est une piroplasmose pour appeler : un chien qui ne mange plus et ne bouge plus, c’est un chien qui a besoin qu’on s’en occupe.
Des urines foncées dans un cas sur deux seulement
On croit souvent que la piroplasmose se reconnaît à des urines couleur café. Selon les données du centre hospitalier vétérinaire Frégis, cette coloration ne se manifeste que dans environ un cas sur deux. Attendre ce signe pour appeler, c’est perdre un temps qui compte sur une maladie capable d’évoluer vite. Un abattement marqué ou une perte d’appétit brutale justifient un contact rapide avec votre vétérinaire, même si les urines paraissent tout à fait normales.
Pas besoin de réunir tous les signes
Les signes de la piroplasmose ne se présentent pas toujours ensemble. Un chien peut être abattu sans fièvre mesurable, ou fébrile sans que ses urines changent de couleur. N’attendez pas que le tableau se complète pour contacter votre vétérinaire : un seul changement brutal suffit à justifier l’appel. Le triage, c’est son travail. Le vôtre, c’est de décrire ce que vous observez, le plus fidèlement possible, sans chercher à poser un diagnostic vous-même.
Quand la situation devient une urgence vitale ?
Certains signes imposent de partir sans délai. Un chien qui s’effondre, qui a du mal à respirer ou qui ne tient plus debout doit être pris en charge immédiatement. Appelez le service d’urgence sans délai pour savoir où l’amener, puis suivez ses consignes de transport. Ne le forcez pas à marcher : portez-le calmement jusqu’à la voiture. Ne lui donnez aucun médicament de votre pharmacie. Le paracétamol, en particulier, peut aggraver les lésions sur un foie déjà fragilisé par la maladie.
Informations à transmettre au vétérinaire, sans retarder l’appel ni le départ
- Depuis quand les signes sont apparus (en heures ou en jours)
- Tique retirée récemment, ou promenades en zone exposée ces dernières semaines
- Dernière prise de nourriture et quantité d’eau bue
- Couleur des urines si vous avez pu l’observer
- Traitement antiparasitaire en cours (produit et date de pose)
- Antécédents : piroplasmose déjà traitée, autres maladies connues
Comment la maladie se transmet-elle et pourquoi est-elle grave ?
La tique transmet, mais elle n’est pas toujours visible
La piroplasmose est provoquée par un parasite microscopique, Babesia, transmis lors de la morsure d’une tique infectée. Toutes les tiques ne portent pas ce parasite : une morsure ne signifie pas une infection automatique. Inversement, ne pas avoir retrouvé de tique ne met pas à l’abri. Certaines tiques se détachent d’elles-mêmes après leur repas, sans que personne ne les ait remarquées. L’exposition ne se limite pas aux forêts ou aux champs : un parc en ville, une haie le long d’un trottoir, un terrain vague en périphérie suffisent.
Un parasite qui détruit les globules rouges
Une fois dans le sang, Babesia pénètre à l’intérieur des globules rouges et s’y multiplie jusqu’à les faire éclater. Cette destruction massive provoque une anémie, c’est-à-dire un manque de globules rouges qui prive les organes de l’oxygène dont ils ont besoin. Le système immunitaire réagit violemment, ce qui peut endommager les reins et le foie. La maladie n’est ni un virus ni une bactérie classique : c’est un parasite intracellulaire, ce qui explique pourquoi les antibiotiques courants ne le traitent pas et qu’un médicament spécifique est nécessaire.

Des formes parfois trompeuses
La présentation la plus fréquente associe fièvre, abattement et perte d’appétit. Certaines formes sortent de ce schéma : des troubles digestifs isolés, une gêne respiratoire sans autre signe évident, ou, plus rarement, des signes neurologiques comme une démarche anormale. Ces formes atypiques compliquent la reconnaissance par le propriétaire, mais le vétérinaire les connaît et sait les rechercher à l’examen. Ne vous fiez pas à l’absence d’un signe attendu pour écarter l’hypothèse. La piroplasmose ne se diagnostique pas sur une liste de symptômes cochés à la maison : c’est un examen clinique qui oriente, et des analyses qui confirment.
Un délai d’incubation qui ne protège pas
Entre la morsure de la tique et l’apparition des premiers signes, il peut s’écouler de 7 à 21 jours selon l’espèce de Babesia en cause, d’après le CHV Frégis. Ce délai aide à remonter l’histoire de la maladie, mais il ne sert pas de compte à rebours. Un chien abattu dix jours après une promenade en forêt mérite un appel, même si vous ne vous souvenez pas d’une tique précise. La morsure peut remonter à une sortie que vous n’aviez pas particulièrement notée. Ne pas exclure la maladie simplement parce que la chronologie ne colle pas parfaitement.
Comment le vétérinaire confirme-t-il une piroplasmose ?
Ce que le vétérinaire cherche à l’examen
Avant de lancer des analyses, le vétérinaire commence par deux choses. Il vous pose des questions : depuis quand les signes sont apparus, si une tique a été retirée, dans quelles zones vous promenez votre chien, quel traitement antiparasitaire il reçoit. Ces éléments orientent la suspicion vers une piste parasitaire plutôt qu’une intoxication ou une autre maladie. Puis il examine votre chien : température, couleur des muqueuses, palpation de la rate et du foie, écoute du coeur. Ces premiers gestes évaluent la gravité et guident les examens suivants, mais un diagnostic clinique seul ne suffit pas. Plusieurs maladies transmises par les tiques ou provoquées par d’autres causes produisent un tableau identique.

Le frottis sanguin : quand il confirme, quand il ne suffit pas
Le frottis consiste à examiner une goutte de sang au microscope pour chercher les parasites à l’intérieur des globules rouges. Quand ils sont visibles, c’est une confirmation directe de l’infection : le vétérinaire sait à quoi il a affaire. Le résultat est rapide, souvent disponible pendant la consultation elle-même. En revanche, un frottis négatif n’exclut pas la maladie. Le parasite peut être présent en trop faible quantité pour apparaître au microscope, surtout au tout début de l’infection. Votre vétérinaire ne s’arrêtera pas à ce seul résultat si les signes cliniques et l’histoire de votre chien restent évocateurs.
La PCR, plus sensible quand le frottis ne tranche pas
La PCR est une technique de biologie moléculaire qui détecte l’ADN du parasite dans le sang, même quand le microscope ne le montre pas. Elle est nettement plus sensible que le frottis, ce qui la rend précieuse dans les formes débutantes ou atypiques. Le résultat peut être différé, notamment si le prélèvement est envoyé à un laboratoire spécialisé. Votre vétérinaire vous précisera le délai et la conduite à tenir dans l’intervalle. Le choix de la prescrire appartient au vétérinaire, qui croise le résultat du frottis avec l’examen clinique et l’histoire de la maladie. Aucun test pris isolément n’est infaillible : c’est la convergence de plusieurs indices qui fonde le diagnostic.
Les bilans sanguins et urinaires complètent le tableau
Au-delà de la recherche du parasite lui-même, des analyses de sang et d’urine mesurent l’étendue des dégâts sur l’organisme. Le degré d’anémie, le fonctionnement des reins, l’état du foie : ces résultats déterminent la gravité et orientent le traitement. Un chien dont les reins fonctionnent normalement et dont l’anémie reste modérée ne sera pas pris en charge de la même façon qu’un chien en insuffisance rénale aiguë. Ces analyses servent aussi de point de comparaison pour évaluer l’évolution dans les jours qui suivent : c’est en les répétant que le vétérinaire peut vérifier que la récupération est en bonne voie.
Examens vétérinaires dans la piroplasmose
| Examen | Ce qu’il apporte | Limite à connaître |
|---|---|---|
| Frottis sanguin | Visualisation directe du parasite dans les globules rouges, résultat rapide | Un résultat négatif n’exclut pas la maladie |
| PCR | Détection de l’ADN du parasite, plus sensible que le frottis | Résultat parfois différé, non infaillible non plus |
| Bilan sanguin | Mesure de l’anémie, évaluation du foie et des reins | Ne détecte pas le parasite lui-même |
| Analyse urinaire | Recherche d’hémoglobine, évaluation des complications rénales | Complémentaire, jamais suffisante seule |
Quels traitements et quels soins peut recevoir le chien ?
Le traitement antiparasitaire, administré par le vétérinaire
Le traitement repose sur un antiparasitaire spécifique injecté en clinique. L’imidocarbe est la molécule couramment employée dans cette indication. Il s’agit d’un médicament vétérinaire soumis à ordonnance : le choix du traitement et son administration relèvent du vétérinaire. Une seule injection peut suffire dans les formes simples, mais ce n’est pas systématique. Seul votre praticien peut juger, en fonction des résultats d’analyse et de l’évolution clinique, si un second traitement est nécessaire. La précocité de la prise en charge joue un rôle déterminant dans la réponse au traitement.
Des soins adaptés à la gravité
Pour un chien peu atteint, le traitement peut se faire en ambulatoire : injection à la clinique, surveillance à domicile, et contrôle prévu quelques jours plus tard. Quand l’anémie est sévère ou que les reins montrent des signes de souffrance, une hospitalisation devient nécessaire. Des perfusions aident à soutenir les organes et à éliminer les déchets de la destruction des globules rouges. Dans les cas les plus graves, une transfusion sanguine peut être envisagée pour compenser la perte massive de globules. Le parcours de soins s’adapte au tableau clinique, pas à un protocole identique pour tous.
Ce qu’il ne faut jamais donner soi-même
La tentation de soulager son chien avec un médicament de la pharmacie familiale est compréhensible, mais dangereuse. Le paracétamol est toxique pour le chien et peut aggraver les lésions hépatiques déjà provoquées par la maladie. Aucun anti-inflammatoire acheté sans ordonnance ne traite le parasite. Aucun remède dit naturel n’a démontré d’efficacité curative contre la piroplasmose dans les sources vétérinaires de référence. Le seul geste utile en attendant la consultation : garder votre chien au calme, lui laisser de l’eau fraîche s’il peut boire normalement, et ne pas le forcer à se déplacer.
Le coût dépend de chaque situation
Le prix d’une prise en charge varie considérablement d’un cas à l’autre. La consultation, les analyses de sang et d’urine, le traitement antiparasitaire, une éventuelle hospitalisation avec perfusion : chaque poste s’ajoute au précédent. Un traitement ambulatoire simple ne représente pas le même budget qu’une semaine en soins intensifs avec transfusion. Il n’existe aucun tarif national fixe pour cette maladie. Demandez un devis à votre vétérinaire dès le diagnostic posé : la plupart des cliniques en proposent un, et cela vous permet de comprendre la répartition des soins envisagés.
Les symptômes et les dangers de la piroplasmose
La Clinique vétérinaire du Chien Vert présente les symptômes de la piroplasmose, ses dangers et les moyens de prévention. En deux minutes, ces repères aident à comprendre pourquoi une prise en charge rapide est essentielle pour limiter les séquelles.
Combien de temps dure la récupération et que surveiller ?
Les premiers jours : un mieux qui n’est pas une guérison
Après le traitement, l’amélioration peut être rapide. Certains chiens retrouvent de l’appétit en quelques heures à peine, d’autres mettent un ou deux jours à montrer des signes d’intérêt pour leur gamelle. Ce mieux est encourageant, mais il ne signifie pas que la maladie est derrière vous. Le parasite a pu endommager des organes dont la récupération prend plus de temps que celle du comportement visible. D’après les données d’Urgences Vétérinaires, la guérison s’étale sur 1 à 7 jours dans la plupart des prises en charge, davantage lorsque des complications rénales ou hépatiques sont présentes. Ce repère ne doit pas devenir un calendrier rigide. Chaque chien évolue à son rythme, et seul le vétérinaire peut confirmer que le cap est passé en s’appuyant sur de nouvelles analyses.
Les signes qui doivent faire rappeler le vétérinaire
Pendant la convalescence, observez votre chien attentivement. Un retour de l’abattement, un appétit qui rechute après s’être amélioré, des urines qui foncent à nouveau ou un essoufflement inhabituel : autant de raisons de rappeler sans attendre le prochain contrôle. Ne vous fiez pas au fait que le traitement a été administré. L’amélioration des premiers jours peut masquer une complication qui nécessite un nouvel examen. Pour faire la part entre une fatigue de convalescence et un signe plus inquiétant, votre vétérinaire reste le meilleur guide.
Rechute ou nouvelle infection : deux situations distinctes
Un chien traité peut présenter de nouveaux signes environ dix jours après le traitement. Il peut s’agir d’une rechute, le parasite n’ayant pas été totalement éliminé, ou d’une nouvelle infection par une autre tique. Vous ne pouvez pas faire la différence vous-même : seul le vétérinaire, avec de nouvelles analyses, peut distinguer les deux cas. Avoir déjà eu la piroplasmose ne protège pas contre une nouvelle infection. La prévention antitique reste donc indispensable dès que votre chien est en état de ressortir, y compris pendant la convalescence.
Des séquelles possibles sur les organes
La destruction massive des globules rouges peut laisser des traces sur les reins ou le foie, surtout quand le traitement a été retardé. Ces atteintes ne sont pas systématiques : beaucoup de chiens récupèrent complètement. Elles justifient néanmoins un suivi biologique dans les semaines suivantes. Votre vétérinaire pourra prévoir des contrôles sanguins et urinaires pour vérifier que les organes fonctionnent normalement. Le calendrier de ces contrôles dépend de la gravité initiale et de l’évolution observée : il n’existe pas de schéma unique applicable à tous les chiens. Un bon résultat aux premières analyses ne dispense pas du rendez-vous suivant, car certaines atteintes ne se révèlent qu’avec le recul.
Suivi après traitement : trois situations, trois réflexes
- L’appétit revient et l’énergie remonte progressivement : poursuivez les consignes du vétérinaire et maintenez le contrôle prévu
- L’abattement réapparaît, l’appétit rechute ou les urines foncent à nouveau : rappelez votre vétérinaire sans attendre la date du prochain rendez-vous
- Votre chien s’effondre ou a du mal à respirer : c’est une urgence, contactez immédiatement le service de garde
Comment limiter une nouvelle exposition aux tiques ?
L’inspection après chaque sortie
Le geste le plus simple reste le plus efficace : palper votre chien après chaque promenade, en insistant sur les zones où les tiques se fixent volontiers. Oreilles, cou, aisselles, plis de l’aine, espaces entre les doigts : passez vos mains sur tout le corps, lentement, en cherchant un petit relief sous le poil. Une tique repérée et retirée rapidement diminue le risque de transmission du parasite. Pour la technique de retrait au crochet et les erreurs courantes à éviter, le guide complet sur les tiques et leur retrait détaille chaque étape. Prenez l’habitude de cette inspection même quand la sortie vous a semblé anodine.
Un traitement antitique adapté à votre chien
Les produits antitiques, comprimés, pipettes ou colliers, tuent les tiques et, pour certains, limitent leur fixation. Ils réduisent le risque de transmission, sans le supprimer totalement. Le choix du produit dépend de l’âge de votre chien, de son état de santé, de son mode de vie et d’éventuelles contre-indications. Votre vétérinaire vous recommandera la solution la plus adaptée à sa situation. Ne changez pas de traitement sans en discuter avec lui, et vérifiez les dates de renouvellement : un produit posé en retard ou périmé laisse une fenêtre de vulnérabilité pendant laquelle votre chien n’est plus protégé.
La ville ne met pas à l’abri
Les tiques ne vivent pas qu’en forêt ou en campagne. Un parc urbain, une haie le long d’un trottoir, un terrain vague en périphérie de ville : les zones de contact existent partout. Un chien qui ne sort qu’en milieu urbain peut tout à fait rencontrer une tique lors d’une promenade banale. L’inspection régulière et la protection antitique concernent tous les chiens qui mettent le nez dehors, sans exception.
Avoir été malade ne protège pas pour la suite
Un chien qui a déjà eu la piroplasmose n’est pas immunisé pour autant. Il peut être infecté de nouveau par une autre tique porteuse du parasite, et développer une nouvelle maladie aussi sérieuse que la première. La prévention reste donc indispensable après la guérison, dès que votre chien reprend ses sorties. C’est souvent après un premier épisode que les propriétaires prennent la pleine mesure de l’importance de l’inspection quotidienne et du traitement anti-tique sans interruption.
Trois protections complémentaires contre la piroplasmose
| Protection | Ce qu’elle fait | Ce qu’elle ne fait pas |
|---|---|---|
| Inspection et retrait rapide | Permet de repérer les tiques et de les retirer au plus vite pour réduire le risque de transmission | Peut manquer certaines tiques et n’exclut pas une transmission déjà survenue |
| Produit antitique | Tue les tiques et, selon le produit, limite leur fixation | Ne garantit pas une protection totale contre la transmission du parasite |
| Vaccin piroplasmose | Réduit la gravité en cas d’infection malgré tout | Ne protège pas contre toutes les souches ni contre les tiques |
Que peut apporter le vaccin contre la piroplasmose ?
Un vaccin spécifique, distinct du calendrier habituel
Le vaccin contre la piroplasmose est distinct des vaccinations de routine du chien, notamment contre la maladie de Carré, la parvovirose ou la leptospirose, dont les rappels suivent des calendriers propres. C’est un vaccin à part, prescrit en fonction du niveau d’exposition de votre chien aux tiques et de son mode de vie. Il ne le protège pas contre les tiques elles-mêmes et ne remplace pas le traitement antitique. Son rôle est de réduire la gravité de la maladie si votre chien est infecté malgré les précautions prises.
Le calendrier du vaccin PIRODOG
D’après le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire), le vaccin PIRODOG s’administre en deux injections : la première à partir de l’âge de cinq mois, la seconde 3 à 4 semaines plus tard. Les rappels sont ensuite annuels ou semestriels, selon le niveau de risque évalué par votre vétérinaire.
Si votre chien a déjà eu une piroplasmose, la vaccination ne peut être envisagée qu’au minimum huit semaines après la guérison clinique. C’est le vétérinaire qui évalue si l’état de santé de votre chien le permet. Le traitement anti-tique reste nécessaire dans l’intervalle.

Une protection partielle, jamais suffisante seule
Le vaccin ne couvre pas toutes les souches de Babesia et ne garantit pas une protection totale contre la maladie. Son objectif principal est d’atténuer la sévérité des signes en cas d’infection. Un chien vacciné peut donc développer une piroplasmose, généralement sous une forme moins grave et plus facile à traiter. L’inspection régulière et le traitement anti-tique restent indispensables, y compris chez un chien vacciné. La prévention la plus solide associe les trois démarches : inspecter après chaque sortie, protéger avec un produit adapté, et vacciner si le vétérinaire le recommande.
Piroplasmose du chien : le réflexe qui change le pronostic
La piroplasmose est une maladie où la rapidité de votre réaction fait une vraie différence. Un chien pris en charge dès les premiers signes d’abattement a de bien meilleures chances qu’un chien amené après plusieurs jours d’attente, quand les organes ont déjà commencé à souffrir. Vous n’avez pas besoin de voir des urines foncées, ni d’être certain du diagnostic, pour décrocher le téléphone. Le rôle de votre vétérinaire est de trier, confirmer et traiter. Le vôtre est de l’appeler sans hésiter, quitte à ce que la piste soit écartée.
Après le traitement, la vigilance ne s’arrête pas au premier signe d’amélioration. Observez la récupération jour après jour, respectez les contrôles prévus, et rappelez dès que quelque chose vous inquiète plutôt que d’attendre le prochain rendez-vous. La prévention reprend dès que votre chien va mieux : inspection après chaque sortie, protection anti-tique sans interruption, et discussion sur la vaccination si votre vétérinaire le recommande pour son profil.
La prochaine fois que votre chien reviendra de promenade, passez vos mains dans son pelage. Ce geste de trente secondes, c’est souvent celui qui fait toute la différence.
Sources et références
- CHV Frégis, Piroplasmose (Babésiose) chez le chien · fregis.com
- Urgences Vétérinaires, Que faire en cas de piroplasmose chez le chien · urgences-veterinaires.fr
- ANSES/ANMV, RCP PIRODOG · ircp.anmv.anses.fr
Piroplasmose chien : vos questions fréquentes
Oui. Selon les données du CHV Frégis, la coloration foncée des urines ne concerne qu’environ un cas sur deux. L’absence de ce signe ne doit jamais rassurer à elle seule. Un chien brutalement abattu ou qui ne mange plus justifie un appel au vétérinaire, quelle que soit la couleur de ses urines.
Le délai entre la morsure de la tique et les premiers signes varie de 7 à 21 jours selon l’espèce de parasite. Ce repère aide à remonter l’histoire, mais il ne sert pas à décider d’attendre. Si votre chien est abattu et que vous avez un doute, appelez sans compter les jours.
Non. Le parasite peut être présent en quantité trop faible pour apparaître au microscope, surtout au début de l’infection. Un frottis négatif ne rassure pas si les signes cliniques restent évocateurs. Votre vétérinaire peut compléter par une PCR ou d’autres analyses selon la situation.
Oui. Une rechute peut survenir environ dix jours après le traitement si le parasite n’a pas été totalement éliminé. Une nouvelle infection par une autre tique est aussi possible, à tout moment. La prévention antitique reste indispensable après la guérison.
Aucun traitement naturel n’a démontré d’efficacité curative contre cette maladie dans les sources vétérinaires de référence. La piroplasmose est une urgence qui nécessite un traitement spécifique, administré par le vétérinaire. Retarder la consultation pour tenter un remède alternatif peut mettre la vie de votre chien en danger.
Il n’existe pas de tarif universel. Le coût dépend de la gravité (traitement ambulatoire ou hospitalisation), des analyses nécessaires et des soins complémentaires. Les postes principaux sont la consultation, les analyses sanguines, le traitement antiparasitaire et, le cas échéant, les perfusions. Demandez un devis à votre vétérinaire pour connaître le détail adapté à la situation de votre chien.
Non. Le vaccin réduit la gravité de la maladie en cas d’infection, mais il ne protège pas contre les tiques ni contre toutes les souches du parasite. Un chien vacciné doit continuer à être inspecté après chaque sortie et à recevoir un traitement antitique adapté. Vaccination, antitique et inspection se complètent.

Romain participe à la rédaction de contenus consacrés à la santé des chiens. Il s’intéresse particulièrement à la médecine interne, aux maladies respiratoires canines et aux affections chroniques nécessitant un suivi régulier.
Article publié par la rédaction de la Clinique Vétérinaire Saint-Romain. Les informations présentées dans ce guide s’appuient sur les connaissances vétérinaires actuelles et sont régulièrement mises à jour afin d’offrir une information fiable aux propriétaires d’animaux de compagnie, de chevaux et de NAC.















