Chat qui déglutit tout le temps

Sarah

14 septembre 2026

Chat qui déglutit tout le temps
🐱 Chat · Symptômes chat · Déglutition

Votre chat est posé sur le canapé, et sa gorge bouge. Il avale, encore et encore, sans avoir rien dans la gueule. Parfois il se lèche les lèvres, parfois il semble forcer un peu. Vous le regardez faire et la question tombe : est-ce grave ? Faut-il appeler le vétérinaire ce soir, ou est-ce que ça peut attendre ? Un chat qui déglutit tout le temps envoie un signal qu’il faut savoir lire, parce que derrière ce geste banal en apparence, les situations possibles vont du simple inconfort digestif à l’urgence vraie. Ce guide vous aide à décrire ce que vous observez, à reconnaître les cas qui ne peuvent pas attendre, et surtout à éviter les gestes qui aggraveraient les choses.

Dans ce guide vous allez apprendre

  • Les trois urgences à reconnaître : respiration difficile, suspicion d’objet ou de toxique, incapacité d’avaler, et pourquoi elles passent avant toute observation supplémentaire
  • Avaler, tousser, régurgiter : comment distinguer ces gestes à l’œil nu pour mieux les décrire au vétérinaire
  • Les causes regroupées par zone : nausée, bouche douloureuse, œsophage irrité, et les indices qui orientent vers chacune
  • La fiche d’appel complète : tout ce que votre vétérinaire a besoin de savoir, rassemblé avant de décrocher le téléphone
  • Les gestes interdits : ficelle, eau forcée, médicaments humains, et pourquoi ils peuvent mettre votre chat en danger

Chat qui déglutit tout le temps : quand est-ce urgent ?

Avant de chercher à comprendre pourquoi votre chat avale dans le vide, il y a trois situations où la priorité n’est pas l’explication. C’est l’appel.

Respiration difficile ou bouche ouverte

Un chat qui respire normalement gère ses voies aériennes sans que vous le remarquiez. Si votre chat respire la bouche ouverte, siffle ou semble peiner à reprendre son souffle en plus de déglutir à répétition, la situation bascule. Une gêne respiratoire associée à des mouvements de gorge peut signaler un problème au niveau du larynx, un œdème ou une fausse route. Ne cherchez pas à comprendre ce qui se passe : c’est au vétérinaire de le faire. Appelez immédiatement, décrivez la respiration en premier, et préparez le transport si on vous le demande. Une aggravation respiratoire soudaine est une urgence, quelle qu’en soit la cause.

Suspicion d’objet, de ficelle ou de toxique

Votre chat a eu accès à un fil de couture, un ruban cadeau, une aiguille, un petit jouet ? Il a mâchouillé une plante d’intérieur ou léché un produit ménager ? Ces situations ne se gèrent jamais à la maison. Un corps étranger coincé dans l’œsophage risque de le perforer. Les os, les aiguilles, les hameçons et les morceaux de bois figurent parmi les objets les plus fréquemment décrits. Certaines plantes comme le lys (toutes les variétés de Lilium et Hemerocallis) provoquent des atteintes rénales graves, parfois après un simple contact avec le pollen. L’appel se fait tout de suite, même si votre chat semble encore bien. Gardez l’emballage du produit ou un morceau de la plante suspecte : il sera utile au vétérinaire pour adapter sa prise en charge.

Il n’arrive plus à avaler

Votre chat n’arrive plus à avaler ? Appelez immédiatement un vétérinaire, même s’il respire normalement et que vous ne l’avez pas vu avaler d’objet. N’essayez pas de lui proposer de l’eau ou de la nourriture pour voir si cela passe.

Déglutitions répétées : quand appeler ?. Chez le chat, les signes associés déterminent le délai d’appel au vétérinaire.

Épisodes répétés sans signe critique

La déglutition se répète depuis plusieurs heures. Votre chat mange moins bien ou salive un peu plus que d’habitude, mais il respire normalement et ne semble pas en détresse aiguë. S’il avale encore sans difficulté visible, qu’aucun objet ni toxique n’est suspecté et qu’il n’a pas d’autre signe inquiétant, demandez un avis vétérinaire dans la journée. S’il peine à avaler, semble douloureux ou abattu, appelez sans attendre. Un chat qui déglutit tout le temps sans raison apparente exprime une gêne que seul un examen peut clarifier. Ne partez pas du principe que tout va bien parce qu’il ronronne encore : le ronronnement ne garantit pas l’absence de douleur, et un chat cache très bien son inconfort. Un épisode bref, isolé et complètement résolu, ce n’est pas la même chose que « tout le temps ».

Qu’annoncer en premier à l’appel ?
  • Sa respiration est-elle normale ou difficile ?
  • Arrive-t-il encore à avaler de la nourriture ou de l’eau ?
  • A-t-il pu ingérer un objet, un fil, une plante ou un produit ménager ?
  • Depuis quand les déglutitions se répètent-elles ?
  • Mange-t-il, boit-il, se comporte-t-il normalement par ailleurs ?

Avaler dans le vide, tousser ou régurgiter : que voyez-vous ?

Le vétérinaire va vous demander ce que fait votre chat, pas ce qu’il a. La précision de votre description compte beaucoup pour orienter l’examen.

La salive qui passe sans effort

Le geste le plus fréquent ressemble à une déglutition ordinaire : la gorge bouge, la tête reste stable, rien ne sort de la gueule. Votre chat avale dans le vide, parfois en se léchant les lèvres, parfois sans aucun autre signe visible. Ce mouvement, quand il se répète, peut traduire une salivation augmentée ou une nausée discrète. Un chat peut en effet avoir la nausée sans jamais vomir : c’est un point que beaucoup de propriétaires ignorent. Ne cherchez pas à mettre un nom médical dessus : décrivez ce que vous voyez, c’est exactement ce qu’il faut.

L’effort visible pour avaler

Quand le geste devient laborieux, la différence se remarque. Votre chat étend le cou, ouvre parfois la gueule, et semble forcer pour faire passer quelque chose qui ne passe pas ou qui passe mal. En médecine vétérinaire, cette gêne ou douleur à la déglutition porte le nom de dysphagie. Vous n’avez pas besoin de retenir ce terme, mais si vous observez un effort net avec extension de la tête ou du cou, mentionnez-le au téléphone : il oriente vers des causes différentes de la simple salivation, notamment du côté de la bouche ou de l’œsophage.

La toux, le rejet et ce qui les sépare

La toux part du thorax, souvent par secousses sèches ou grasses, et se distingue bien d’un mouvement de déglutition. La régurgitation ramène de la nourriture ou du liquide de façon plutôt passive, sans les contractions abdominales marquées du vomissement. Le vomissement actif, lui, s’accompagne de contractions visibles du ventre et parfois de signes de nausée préalables. Ces distinctions importent parce qu’elles n’orientent pas vers les mêmes causes. Si votre chat rejette de la nourriture en plus de déglutir, le guide sur le chat qui vomit détaille ce versant. Ici, on se concentre sur ce geste de déglutition qui revient sans que rien ne sorte.

Observation ou rejet : que voyez-vous ?

Ce que vous observezCe que vous pouvez décrireCe que cela ne prouve pas
La gorge bouge sans effort, lèvres léchéesDéglutition répétée, salivation possiblePas un diagnostic de nausée certaine
Le cou s’étend, la gueule s’ouvre, effort visibleDifficulté à avaler (dysphagie possible)Pas forcément un objet coincé
Secousses thoraciques, son rauqueTouxPas une déglutition
Nourriture ramenée sans contraction du ventreRégurgitationPas un vomissement actif
Contractions abdominales puis rejetVomissementPas une régurgitation

Quelles causes peuvent expliquer ces mouvements de gorge ?

Les causes se regroupent en trois grandes zones, chacune avec ses propres indices : la nausée, la bouche et l’œsophage. Elles se chevauchent souvent, et c’est bien pour cela que seul l’examen vétérinaire tranche.

Du côté de la nausée

Un chat peut avoir la nausée sans jamais vomir. Cela surprend souvent, parce qu’on associe spontanément les deux. Chez le chat, la nausée se manifeste parfois uniquement par des déglutitions répétées, un léchage des lèvres et une salivation (on parle de ptyalisme) plus marquée que d’habitude. L’appétit diminue souvent en parallèle : le chat renifle sa gamelle puis s’éloigne sans y toucher. Les origines possibles sont variées. Un aliment mal toléré, une irritation digestive, un trouble rénal ou hépatique plus profond peuvent tous provoquer cette nausée sourde. Un chat qui déglutit tout le temps et mange moins depuis quelques jours mérite un bilan complet, même s’il ne rejette rien de visible.

Quand la bouche fait mal

La douleur buccale est une cause fréquente et souvent sous-estimée. Un chat dont la bouche est douloureuse peut refuser de manger malgré un intérêt visible pour la nourriture : il s’approche de la gamelle, renifle, puis recule. La salivation devient abondante, l’haleine peut changer nettement, et parfois le toilettage diminue parce que se lécher fait mal. La gingivo-stomatite chronique féline, par exemple, provoque une inflammation très douloureuse qui ne se limite pas aux seules gencives. Un chat atteint mâche parfois d’un seul côté, laisse tomber ses croquettes ou pousse des petits cris en mangeant. Une bouche rouge ne suffit pas à poser un diagnostic : l’examen vétérinaire évalue l’étendue et la nature exacte des lésions. La difficulté, c’est que la perte de poids peut être progressive et passer inaperçue pendant des semaines.

Chat tigré et blanc devant un feuillage, le bout de la langue visible.

L’œsophage irrité ou bloqué

L’œsophage, le conduit entre la gorge et l’estomac, peut lui aussi expliquer des déglutitions anormales. Son inflammation (on parle d’œsophagite) provoque parfois une déglutition répétée, de la salivation, une extension inhabituelle de la tête et du cou, et une baisse d’appétit progressive. Parmi les causes possibles : un reflux acide, une substance irritante avalée, ou un médicament resté collé sur la paroi en route vers l’estomac. Plus grave, un corps étranger (os, aiguille, hameçon, bout de bois) peut se coincer dans l’œsophage et risquer de perforer la paroi. C’est cette possibilité qui rend toute suspicion d’objet ingéré si urgente, bien avant d’avoir vu un quelconque signe de perforation. Les formes légères d’œsophagite peuvent être peu visibles, ce qui complique encore la lecture à domicile.

Des causes parfois plus éloignées

Certaines maladies générales, comme l’insuffisance rénale, provoquent des nausées chroniques qui se traduisent par des déglutitions discrètes et prolongées. Si votre chat éternue en parallèle, une composante nasale ou respiratoire haute pourrait aussi entrer en jeu. Ce n’est pas à vous de faire ces liens : si votre chat déglutit depuis plusieurs jours sans explication, le vétérinaire explorera aussi les organes internes au travers d’un bilan sanguin. Un geste visible au niveau de la gorge n’a pas toujours une cause locale.

Après le repas ou au repos : quels indices noter ?

Ce que vous observez au quotidien constitue une mine d’informations pour le vétérinaire. Le moment où la déglutition survient, ce qui l’accompagne, ce qui semble l’aggraver : tout cela oriente la recherche.

Juste après le repas

Votre chat déglutit en sortant de sa gamelle ? Un mouvement de gorge isolé après avoir mangé n’a rien d’inquiétant en soi. Ce qui compte, c’est la répétition et le contexte autour de ce geste. Si votre chat déglutit pendant plusieurs minutes après chaque repas, s’il semble gêné pour avaler ses croquettes, s’il recule après quelques bouchées ou régurgite peu après, notez-le. Un chat qui s’approche de sa nourriture avec intérêt puis se détourne traduit peut-être une douleur au moment d’avaler, pas un simple manque d’appétit. Relevez aussi si la texture change quelque chose : certains chats gèrent mieux l’aliment mou que les croquettes quand l’œsophage ou la bouche est en cause.

Au repos ou pendant le ronronnement

Le chat est installé sur le canapé, il ronronne, et pourtant sa gorge bouge régulièrement. Ce scénario est fréquent et déstabilisant. Beaucoup de propriétaires pensent que le ronronnement est un signe de bien-être, et c’est souvent vrai, mais pas toujours. Un chat peut ronronner alors qu’il a mal ou qu’il est stressé. Observez ce qui accompagne les déglutitions au repos : une salivation inhabituelle, un léchage des lèvres, un regard fixe, une posture raidie. Un épisode bref et isolé, sans aucun autre signe, est moins préoccupant qu’une répétition qui revient chaque jour au même moment. Notez la durée approximative et la fréquence pour pouvoir la rapporter.

Après un médicament ou une anesthésie

Certains médicaments peuvent irriter l’œsophage, surtout quand un comprimé reste coincé en chemin sans assez de liquide pour l’accompagner. Si votre chat déglutit de façon répétée après la prise d’un traitement, signalez-le à votre vétérinaire : la forme du médicament ou le mode d’administration peut parfois être adapté. Après une anesthésie récente, des mouvements de gorge peuvent aussi apparaître temporairement. Ne modifiez jamais un traitement en cours sans avis : transmettez le nom du médicament, sa forme (comprimé, liquide, pâte) et le moment de la dernière prise. Ces détails permettent au vétérinaire de repérer une irritation liée au mode d’administration plutôt qu’à la maladie elle-même.

Fiche à préparer avant d’appeler le vétérinaire

  • Depuis quand les déglutitions ont commencé (heure ou jour)
  • Relation au repas : pendant, juste après, au repos, sans lien apparent
  • Nourriture réellement avalée dans les dernières 24 heures
  • Rejet observé ou non (régurgitation, vomissement, toux)
  • Salivation inhabituelle, léchage des lèvres, haleine modifiée
  • Respiration normale ou difficile
  • Médicament, anesthésie ou intervention récente
  • Accès possible à un objet, une plante ou un produit ménager
  • Vidéo d’un épisode spontané, si disponible sans retarder l’appel

Que faire sans aggraver la gêne ?

Rester calme et observer

Le premier geste utile, c’est de ne pas en faire trop. Votre chat déglutit sans détresse respiratoire et sans signe de corps étranger ? Laissez-le tranquille dans un endroit calme et observez sans le manipuler. Notez ce que vous voyez, remplissez la fiche d’appel mentionnée plus haut, et contactez votre vétérinaire pour décrire la situation. Filmez un épisode si les déglutitions se reproduisent spontanément devant vous, à condition que cela ne retarde pas l’appel et ne stresse pas votre chat. Une vidéo prise naturellement, sans contraindre l’animal, peut aider le vétérinaire à voir ce que les mots peinent parfois à décrire. Elle ne permet pas de poser un diagnostic, mais elle complète utilement votre récit.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

La liste est importante, parce que certains réflexes humains sont dangereux pour un chat. Ne forcez jamais de l’eau ou de la nourriture dans la gueule d’un chat qui a du mal à avaler : le risque de fausse route, c’est-à-dire de passage du liquide dans les voies respiratoires, est réel. Les conséquences peuvent aller jusqu’à la pneumonie par aspiration. Ne tentez pas d’ouvrir la gueule pour inspecter la gorge vous-même, surtout si votre chat résiste. Ne provoquez pas de vomissement, quel que soit ce que vous soupçonnez. Ne donnez aucun médicament humain (le paracétamol est mortel pour le chat), et ne tentez aucun « neutralisant » si vous soupçonnez un produit ménager avalé. Contactez votre vétérinaire, qui vous dira précisément quoi faire et quoi ne pas faire en attendant la consultation.

Si une ficelle dépasse de la gueule

Ce cas mérite d’être isolé tant il est piégeur. Si vous voyez un fil, un ruban ou un bout de ficelle qui sort de la bouche de votre chat, ne tirez surtout pas dessus. Un fil peut être accroché beaucoup plus loin dans le tube digestif, parfois enroulé autour de la base de la langue ou engagé dans l’intestin. Tirer risque de provoquer des lésions internes graves. Appelez votre vétérinaire sans délai : il vous dira quoi faire. En attendant, ne manipulez pas le fil. La même prudence vaut pour tout objet partiellement visible dans la gueule : ne tentez pas de l’extraire vous-même. Pour limiter ce type d’accident, pensez aussi à sécuriser les plantes toxiques et à ranger hors d’accès tout ce qui ressemble à un fil, un ruban ou une aiguille.

Un corps étranger avalé par le chat

Conseils de vétérinaires par Tony et Léon aborde l’ingestion d’un corps étranger chez le chien et le chat. Un éclairage sur cette cause possible de gêne à la déglutition, à distinguer des autres raisons pour lesquelles votre chat avale sans cesse.

Comment le vétérinaire recherche-t-il la cause ?

L’examen clinique d’abord

Votre vétérinaire commence par rassembler ce que vous avez observé : le contexte d’apparition, les signes associés, les antécédents de santé, les traitements en cours et les éventuelles substances ingérées. L’examen physique suit immédiatement : état général, respiration, palpation de l’abdomen, et examen de la bouche dans la mesure du possible. Certains chats se laissent faire, d’autres résistent, et le vétérinaire adaptera sa méthode. Cet examen oriente déjà la suite : selon ce qu’il trouve ou suspecte, les examens complémentaires ne seront pas les mêmes. Un examen buccal approfondi, par exemple, peut nécessiter une sédation légère pour localiser précisément les lésions.

La radiographie

Quand un corps étranger est suspecté, la radiographie est souvent le premier examen d’imagerie demandé. Beaucoup d’objets sont visibles sur les clichés : os, aiguilles, hameçons apparaissent nettement. D’autres, comme un fil ou un morceau de tissu, ne se voient pas directement. Le vétérinaire interprète alors les signes indirects : une accumulation de gaz, un élargissement de l’œsophage ou un déplacement anormal des structures voisines. Un résultat normal ne signifie pas toujours qu’il n’y a rien : certains corps étrangers passent sous le radar de la radiographie standard.

L’endoscopie et au-delà

Pour explorer l’œsophage de l’intérieur, le vétérinaire peut proposer une endoscopie : une caméra fine introduite par la gueule, sous anesthésie générale. Cet examen permet de visualiser directement la paroi de l’œsophage et, dans bien des cas, de retirer un objet coincé sans chirurgie. Si une perforation est suspectée ou si le retrait endoscopique échoue, la chirurgie peut devenir nécessaire. Ce n’est pas systématique, et la décision dépend de chaque situation. L’endoscopie renseigne aussi sur l’état de la muqueuse en cas d’inflammation : rougeur, érosion, rétrécissement éventuel (ce qu’on appelle une sténose).

Quand les premiers résultats ne suffisent pas

Un examen initial rassurant ne clôt pas toujours l’enquête. Si les déglutitions persistent malgré un bilan apparemment normal, le vétérinaire peut compléter par des analyses sanguines pour chercher une cause inflammatoire, métabolique ou infectieuse. La gingivo-stomatite chronique nécessite parfois un examen approfondi de toute la cavité buccale sous sédation, au-delà de ce que permet un premier coup d’œil. Ne vous inquiétez pas si le diagnostic prend un peu de temps : certaines causes se révèlent par étapes, et un résultat négatif est aussi une information qui fait avancer la recherche.

Quelle question, quel examen ?

  • Objet coincé ? Radiographie, puis endoscopie si nécessaire
  • Douleur buccale ? Examen de la bouche, parfois sous sédation
  • Irritation de l’œsophage ? Endoscopie pour visualiser la paroi
  • Nausées persistantes ? Analyses sanguines, bilan rénal et hépatique
  • Signes qui ne collent pas ? Le vétérinaire adapte l’exploration, étape par étape

Comment surveiller la reprise et limiter les risques ?

Les bonnes questions avant de rentrer

Avant de quitter la consultation, quelques points méritent d’être clarifiés avec votre vétérinaire. Demandez quelle texture et quel rythme de repas conviennent dans les jours qui viennent. Certaines affections de l’œsophage demandent de petites prises d’aliment mou, réparties dans la journée. D’autres situations imposent une mise à jeun temporaire supervisée en clinique, voire une alimentation assistée dans les formes les plus sévères. Demandez aussi comment administrer le traitement si votre chat a du mal à avaler un comprimé, et à partir de quand rappeler si les choses ne s’améliorent pas. Ces consignes varient d’un diagnostic à l’autre : il n’existe pas de protocole universel, et ce qui convient pour une nausée digestive ne convient pas pour une stomatite.

Observer la reprise au quotidien

De retour à la maison, votre rôle est de surveiller sans interpréter. Votre chat mange-t-il réellement ce qu’on lui propose, ou fait-il semblant de s’intéresser ? Les déglutitions diminuent-elles au fil des jours ? De nouveaux rejets apparaissent-ils ? Notez ce qui change d’un jour à l’autre, y compris les améliorations, même petites. Si le traitement prescrit est impossible à donner (comprimé recraché, liquide refusé), rappelez votre vétérinaire plutôt que de renoncer ou d’improviser une autre voie. Ne modifiez jamais la dose, la fréquence ou la forme du médicament par vous-même. Un traitement mal administré, c’est comme un traitement non donné : le vétérinaire a besoin de savoir que ce qu’il a prescrit n’a pas pu être suivi.

Retour à la maison : les bons réflexes. Après la consultation, suivre les consignes et supprimer les dangers accessibles au chat.

Sécuriser l’environnement

La prévention environnementale ne remplace pas un suivi médical, mais elle supprime les risques qui dépendent directement de vous. Rangez les fils, rubans, aiguilles, élastiques et objets de pêche hors d’accès. Les chats attirés par les ficelles sont particulièrement exposés, et un accident peut survenir en quelques secondes d’inattention. Retirez les lys de votre intérieur (toutes les variétés de Lilium et Hemerocallis sont concernées), et vérifiez que les produits ménagers sont inaccessibles. Ces gestes ne préviennent pas toutes les causes de déglutition répétée, loin de là : une nausée chronique ou une stomatite n’ont rien à voir avec l’environnement. Ce qu’ils empêchent, ce sont les urgences évitables, celles où le chat ingère quelque chose qui n’aurait jamais dû être à sa portée.

Un chat qui avale à répétition vous dit quelque chose. Ce signal, discret ou insistant, mérite toujours d’être pris au sérieux. L’observation précise que vous faites à la maison, les détails que vous rassemblez sur la fiche d’appel et la rapidité avec laquelle vous demandez un avis peuvent réellement changer la prise en charge. Votre vétérinaire est le seul à pouvoir identifier la cause et vous guider sur la suite. Décrivez ce que vous voyez, évitez les gestes risqués, et ne laissez pas un doute traîner trop longtemps avant de décrocher le téléphone.

Ce guide est une information générale et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur l’état de santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Chat qui déglutit tout le temps : vos questions fréquentes

Oui. Un chat peut avoir la nausée sans jamais rien rejeter. La salivation, le léchage des lèvres et les déglutitions répétées en sont parfois les seuls signes visibles. Ce n’est pas un diagnostic en soi, mais c’est une piste que votre vétérinaire explorera si vous lui décrivez précisément ce que vous observez.

Pas forcément. Un mouvement de gorge isolé après le repas n’a rien d’anormal. En revanche, si votre chat déglutit pendant plusieurs minutes, semble gêné pour avaler ou régurgite peu après, c’est différent. La répétition et les signes associés (douleur apparente, refus de manger, salivation) orientent vers un problème qui mérite un examen.

Le léchage des lèvres accompagne souvent une salivation augmentée, signe possible de nausée ou de gêne buccale. Ce geste seul ne permet pas de conclure : il peut être banal ou traduire un inconfort réel. Associé à d’autres signes comme un refus de manger, de l’abattement ou une salivation visible, il mérite un avis vétérinaire.

Les boules de poils existent, mais elles ne doivent pas devenir l’explication par défaut de toute déglutition répétée. Un chat qui déglutit tout le temps sans rejeter la fameuse « saucisse » de poils a peut-être tout autre chose. N’administrez pas de pâte ou d’huile laxative sans avis vétérinaire : ces produits ne traitent pas les autres causes possibles et risquent de retarder une consultation nécessaire.

Non. Si votre chat a du mal à avaler, forcer de l’eau dans sa gueule risque de provoquer une fausse route : le liquide passe dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage. Les conséquences peuvent être graves, jusqu’à la pneumonie. Laissez de l’eau fraîche à disposition et attendez les consignes de votre vétérinaire avant de tenter quoi que ce soit.

Surtout, ne tirez pas. Un fil peut être accroché bien plus loin dans le tube digestif, et tirer risque de provoquer des lésions internes graves. Appelez immédiatement votre vétérinaire et ne touchez pas au fil en attendant ses consignes. C’est une urgence qui ne se gère pas à la maison.

Sarah Chaulier, rédactrice spécialisée santé canine et féline à la Clinique Vétérinaire Saint-Romain
Sarah Chaulier · Rédactrice spécialisée santé canine et féline

Sarah participe à la rédaction de contenus consacrés à la santé et au bien-être des chiens et des chats. Elle s’intéresse particulièrement à la médecine préventive, au suivi des animaux de compagnie et aux bonnes pratiques permettant de préserver leur santé au quotidien.

Article publié par la rédaction de la Clinique Vétérinaire Saint-Romain. Les informations présentées dans ce guide s’appuient sur les connaissances vétérinaires actuelles et sont régulièrement mises à jour afin d’offrir une information fiable aux propriétaires d’animaux de compagnie, de chevaux et de NAC.

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