Vermifuger son cheval : pourquoi la coproscopie remplace le calendrier fixe

Antoine

12 octobre 2026

Vermifuger son cheval : pourquoi la coproscopie remplace le calendrier fixe
🐴 Cheval · Chevaux & Équidés · Prévention

Le message tombe sur le groupe de l’écurie : « Vermifuge d’automne samedi, pensez à vos seringues. » Vous regardez votre cheval. Il mange bien, son poil brille, il galope au pré comme d’habitude. Faut-il vraiment le traiter comme tous les autres, le même jour, avec le même produit ?

Pendant des années, on a vermifugé les chevaux au calendrier, sans trop se poser de questions. Aujourd’hui, les vétérinaires préfèrent regarder ce que chaque cheval rejette réellement, grâce à une analyse de crottin : la coproscopie. Ce n’est ni la fin de toute organisation, ni une raison de ne plus rien faire. C’est une autre façon de décider, plus juste, à condition de savoir lire un résultat et de connaître ses limites.

Une précision avant tout : un cheval qui a mal au ventre, une forte diarrhée ou qui paraît abattu n’attend pas d’analyse. On appelle le vétérinaire tout de suite.

Dans ce guide vous allez apprendre

  • Ce que veut dire OPG : lire un compte rendu de coproscopie et ses repères autour de 200 et 500 œufs par gramme
  • Le bon prélèvement : trois à quatre boules de crottin frais, conservées vers 4 °C et déposées rapidement
  • Les angles morts de l’analyse : larves, ténias, et pourquoi un résultat négatif ne garantit pas l’absence de parasites
  • Le principe des refuges : pourquoi épargner certains chevaux aide à garder des vermifuges efficaces
  • Les signes qui n’attendent pas : quand appeler le vétérinaire sans passer par une analyse
  • Le bilan à préparer : les informations à réunir avant d’en parler avec votre vétérinaire

Pourquoi le calendrier fixe ne suffit plus pour vermifuger son cheval ?

Un cheval en forme doit-il recevoir le même traitement que les autres ?

Le réflexe est ancien et partait d’une bonne intention : traiter tous les chevaux de l’écurie au printemps et à l’automne, parfois plus souvent, pour être tranquille. Le problème, c’est que les chevaux ne portent pas tous la même quantité de parasites. Deux chevaux qui partagent le même pré peuvent être dans des situations très différentes, selon leur âge, leur état général et leur propre capacité à se défendre. Traiter tout le monde de la même façon revient à donner un produit à des chevaux qui n’en avaient pas forcément besoin.

Si vous avez suivi ce calendrier pendant des années, rien à vous reprocher : c’était la consigne habituelle. Ce qui a changé, c’est ce qu’on sait aujourd’hui de ses conséquences.

Pourquoi traiter tout le monde finit-il par se retourner contre nous ?

Chaque traitement tue les parasites sensibles au produit. Ceux qui survivent, parce qu’ils sont naturellement moins sensibles, se reproduisent et deviennent majoritaires au fil des années. C’est le mécanisme de la résistance aux vermifuges : plus on traite souvent et largement, plus on favorise les parasites qui résistent. Le but n’est donc pas d’éliminer tout parasite, ce qui est impossible chez un cheval qui vit dehors, mais de garder une charge raisonnable tout en préservant l’efficacité des produits disponibles.

Le risque n’a rien de théorique. L’Anses a rapporté la découverte, dans un élevage français de pur-sang, d’une population de petits strongles résistante à trois molécules de familles différentes : le fenbendazole, le pyrantel et l’ivermectine. Il s’agit d’un seul élevage, et ce constat ne dit rien de la situation dans votre écurie. Il montre en revanche jusqu’où peut mener un usage trop systématique des traitements.

Prévention et cheval malade : deux situations à ne pas confondre

Tout ce qui suit concerne un cheval qui va bien, et la question de sa prévention. Un cheval qui a des coliques, une diarrhée importante ou qui paraît abattu n’est pas dans ce cas : on appelle le vétérinaire sans attendre, sans programmer d’analyse et sans lui donner un vermifuge à l’aveugle. Pour le cheval en forme, en revanche, l’achat automatique laisse la place à une décision prise avec votre vétérinaire, à partir d’informations concrètes. La première tient dans un petit pot de crottin.

Du calendrier au suivi raisonné : pour un cheval en forme, la décision se construit avec le vétérinaire, pas à une date imposée.

Que mesure la coproscopie, et comment lire les OPG ?

Ce que veut dire « OPG » sur le compte rendu

La coproscopie est une analyse de crottin au microscope. Le laboratoire y compte les œufs de parasites et exprime le résultat en OPG, pour œufs par gramme de crottin. Ce chiffre mesure ce qu’on appelle l’excrétion : la quantité d’œufs que le cheval rejette dans ses crottins, donc dans le pré, au moment du prélèvement.

Il ne compte pas les vers présents dans l’intestin, et ce n’est pas une note de gravité. Un cheval à 600 OPG n’est pas trois fois plus malade qu’un cheval à 200. Le chiffre dit surtout combien ce cheval contamine l’herbe que les autres vont brouter.

Lire un résultat de coproscopie chez un cheval adulte

Ces repères concernent les adultes. Ils ne s’appliquent pas tels quels aux poulains.

  • Ce que donne le chiffre : la quantité d’œufs rejetés dans le crottin le jour du prélèvement, en œufs par gramme (OPG)
  • Autour de 200 OPG ou moins : le cheval est en général classé faible excréteur de petits strongles
  • Autour de 500 OPG et au-delà : il est classé fort excréteur, et c’est souvent là qu’un traitement se discute
  • Entre les deux : une zone intermédiaire, que le vétérinaire interprète selon le contexte
  • Ce que le chiffre ne décide pas : l’urgence, le choix du produit, ni l’absence de parasites

Pourquoi quelques chevaux concentrent-ils la majorité des œufs ?

Dans un groupe d’adultes, l’excrétion est très inégale. L’Anses rapporte qu’environ 20 % des équidés adultes d’un lot rejettent à eux seuls 80 % des œufs de petits strongles, qu’on appelle aussi cyathostomes. Ce sont des parasites digestifs courants chez le cheval adulte. Ce chiffre décrit une tendance observée sur des groupes, pas une loi qui se vérifie à l’identique dans chaque écurie.

Il éclaire pourtant toute la logique du suivi individuel. Si la plupart des œufs viennent de quelques chevaux, traiter tout le monde à la même date expose aux produits des animaux qui contribuent peu à la contamination. Repérer les forts excréteurs permet de concentrer les traitements là où ils servent vraiment.

Les repères autour de 200 et 500 OPG

Les ressources vétérinaires utilisent des repères proches, mais pas parfaitement identiques. Le RESPE, réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, classe comme faibles excréteurs les chevaux à 200 OPG ou moins, et comme forts excréteurs ceux à partir de 500 OPG. L’Anses, dans ses conseils de traitement sélectif, au-delà de 500 œufs de cyathostomes par gramme de petits strongles, conseille de vermifuger ce cheval, avec l’avis du vétérinaire. D’autres grilles découpent en trois tranches : moins de 200, de 200 à 500, plus de 500.

Retenez donc des repères de classement, pas une ordonnance. Un cheval à 480 OPG n’est pas « bon » d’office, et un cheval à 520 n’est pas « à traiter » sans discussion. Autour de ces frontières, c’est votre vétérinaire qui tranche, en tenant compte de l’âge, de l’état du cheval et de l’historique de l’écurie. Le chiffre ne choisit pas non plus la molécule : ce choix reste celui du vétérinaire.

Excréteur ne veut pas dire malade

Un fort excréteur peut être en pleine forme, et un cheval maigre peut avoir un résultat bas pour de tout autres raisons. Le compte rendu renseigne sur la contamination, pas sur l’état de santé. C’est aussi pour cela qu’un résultat seul vaut moins qu’une série : un cheval suivi sur plusieurs analyses montre un profil bien plus fiable qu’une étiquette collée une fois pour toutes.

Vermifuge cheval : une femme tient la tête d’un cheval dans une écurie.

Comment prélever les crottins pour un résultat exploitable ?

Appeler le laboratoire avant de ramasser

Avant de sortir avec un sac, contactez votre vétérinaire ou le laboratoire qui fera l’analyse. Chacun a ses habitudes : certains fournissent un pot, d’autres acceptent un gant retourné, et la quantité demandée peut varier. Si leur consigne diffère de ce qui suit, c’est elle qui compte. Demandez aussi comment acheminer le prélèvement et quand le déposer : un échantillon qui attend le lundi dans un coin de la sellerie n’a plus grand intérêt.

Quel crottin prélever, et combien ?

Le RESPE conseille de prélever trois à quatre boules de crottin frais, ramassées juste après que le cheval a fait. Le point le plus important reste l’identité : vous devez être certain que ce crottin vient bien de ce cheval-là. Au pré avec cinq congénères, cela suppose de l’avoir vu faire, ou de l’isoler un moment au box ou au paddock.

Ne mélangez pas les crottins de plusieurs chevaux dans un même pot de votre propre initiative. Un mélange donne une moyenne qui masque le fort excréteur, alors que c’est justement lui qu’on cherche. Si votre vétérinaire organise un protocole pour tout le groupe, il vous dira comment procéder. Le prélèvement dans le rectum est un geste vétérinaire : ne le tentez pas vous-même.

Le moment de l’année compte aussi. Le RESPE évoque plutôt la période d’avril à novembre, quand les chevaux sortent davantage et que les parasites sont actifs. Votre vétérinaire peut toutefois proposer un autre moment selon votre situation.

Conserver et acheminer sans fausser l’analyse

Fermez le pot ou le gant de façon hermétique, en chassant l’air au maximum. Notez le nom du cheval et la date sur chaque prélèvement : avec deux alezans dans l’écurie, l’erreur arrive vite. Placez ensuite l’échantillon dans le bas du réfrigérateur, autour de 4 °C, à l’écart des aliments.

Évitez le soleil, la voiture garée en plein été ou le coffre de la sellerie. Un prélèvement mal conservé peut donner un résultat faussé, et aucune durée de conservation n’est garantie : déposez l’échantillon le plus vite possible.

Avant de partir au laboratoire

  • Le crottin vient bien du cheval indiqué, vu au moment où il a fait
  • Il est frais, ramassé juste après la défécation
  • Trois à quatre boules, sauf consigne différente du laboratoire
  • Contenant hermétique, air chassé
  • Nom du cheval et date notés sur le pot ou le gant
  • Conservation dans le bas du réfrigérateur, autour de 4 °C, jamais au soleil
  • Dépôt prévu le plus tôt possible
  • Nom et date du dernier vermifuge notés pour le vétérinaire

Les informations à joindre au prélèvement

Un résultat isolé se lit mal. Indiquez au vétérinaire la date du dernier vermifuge et le nom du produit utilisé, l’âge du cheval, son mode de vie (pré, box, pension, concours) et ses éventuels résultats précédents. Un traitement récent peut réduire temporairement le nombre d’œufs observés : le résultat doit être interprété en tenant compte du produit, de son efficacité et du délai écoulé.

Ne modifiez pas un traitement de vous-même en attendant le résultat. Si un vermifuge était prévu, posez simplement la question : c’est le vétérinaire qui dira s’il vaut mieux attendre l’analyse.

Pourquoi une coproscopie négative ne suffit-elle pas toujours ?

Ce que l’analyse ne voit pas : les larves

Une coproscopie compte des œufs. Or seuls les parasites adultes pondent. Les stades immatures, et en particulier les larves enkystées dans la paroi de l’intestin chez les petits strongles, n’en produisent aucun. Un cheval peut donc héberger de nombreuses larves et donner un résultat faible, voire nul.

L’ESCCAP, association d’experts en parasitologie, le rappelle : le nombre d’œufs n’a pas de relation simple avec la quantité de parasites présents, et l’absence d’œuf observé peut coexister avec de nombreux vers. Un résultat bas ne veut donc pas dire « petite charge », et un résultat négatif ne veut pas dire « aucun risque ».

Le cas des ténias

Les ténias posent un autre problème. Ils libèrent leurs œufs de façon irrégulière, si bien que la coproscopie classique les repère mal. Ne pas trouver d’œufs de ténia ne prouve pas que le cheval n’en a pas. L’analyse de routine n’est donc pas un bilan complet de tous les parasites : si votre vétérinaire soupçonne ces vers, il s’appuie sur d’autres éléments pour décider.

Petits et grands strongles : des œufs qui se ressemblent

Au microscope, les œufs des petits strongles et ceux des grands strongles se ressemblent trop pour être distingués par l’examen standard. Or ces parasites n’ont pas les mêmes conséquences. Quand la question se pose, des examens complémentaires spécialisés peuvent être nécessaires, et c’est le vétérinaire qui les demande et les interprète.

Que faire alors d’un résultat bas ?

Rien de dramatique : chez un cheval en forme, un résultat bas reste une bonne information sur son excrétion. Il faut simplement le lire pour ce qu’il est, une photo prise à un instant donné, et le replacer dans l’histoire du cheval : âge, résultats précédents, état général, mode de vie. C’est cette lecture d’ensemble que fait le vétérinaire. Un résultat négatif n’entraîne donc pas automatiquement l’absence de traitement, et un résultat élevé n’impose pas toujours un traitement immédiat.

Quels signes doivent faire appeler sans attendre ?

Une infestation importante peut s’accompagner de diarrhée, d’amaigrissement ou d’un retard de croissance chez le jeune. Ces signes ne prouvent pas pour autant la présence de vers : d’autres maladies les provoquent aussi. Chez les petits strongles, des formes larvaires peuvent entraîner une maladie grave, avec fièvre, diarrhée et parfois coliques.

Devant une douleur abdominale, une diarrhée importante ou un cheval franchement abattu, n’attendez pas de coproscopie : appelez immédiatement votre vétérinaire. Ne donnez pas non plus un vermifuge « pour voir », qui pourrait retarder le bon diagnostic. Pour savoir repérer une douleur de ventre, vous pouvez relire notre guide pour reconnaître les signes de colique chez le cheval.

Un amaigrissement progressif, chez un cheval qui garde par ailleurs son entrain, relève plutôt d’une consultation à organiser dans les jours qui viennent. Là encore, ne concluez pas seul à des vers : les dents, l’alimentation ou une autre maladie peuvent être en cause.

Analyse de routine ou appel au vétérinaire ?
  • Cheval en forme, question de prévention : organisez le suivi avec votre vétérinaire, coproscopie comprise s’il la propose
  • Amaigrissement progressif, cheval par ailleurs vif : prenez rendez-vous dans les jours qui viennent, sans traiter à l’aveugle
  • Coliques, diarrhée importante, abattement marqué ou fièvre : appelez immédiatement, sans attendre aucun résultat d’analyse
  • Dans tous les cas : pas de vermifuge donné « pour tester », et jamais un produit destiné à une autre espèce

Quel suivi organiser selon l’âge et le mode de vie ?

Ce qui change d’un cheval à l’autre

Le programme d’un cheval dépend d’éléments que vous connaissez mieux que personne : son âge, son état de santé, sa vie au pré ou au box, le nombre de chevaux avec qui il partage ses parcelles, et les arrivées de nouveaux chevaux dans l’écurie. Une pension où les chevaux tournent souvent n’a pas les mêmes enjeux qu’un pré familial avec deux chevaux qui ne bougent jamais.

Les antécédents comptent aussi : un cheval qui a déjà été fort excréteur sera suivi de plus près, tout comme un cheval âgé, maigre ou fragile. La clinique vétérinaire de Grosbois insiste sur ce point : le programme se discute chaque année avec le vétérinaire, en fonction de l’âge et du mode de vie.

Concrètement, deux chevaux du même pré peuvent recevoir des conseils différents à la même saison : l’un sera traité, l’autre simplement recontrôlé plus tard. Ce n’est pas de la négligence, c’est le principe même du suivi raisonné.

Deux coproscopies par an : un repère, pas une règle

Une ressource du RESPE propose deux coproscopies par an comme base de suivi. C’est un bon point de départ pour en parler avec votre vétérinaire. Ce n’est pas pour autant un protocole valable pour tous : un cheval à risque, un groupe où les chevaux bougent beaucoup ou une écurie qui a connu des résistances peuvent justifier davantage d’examens. Le vétérinaire fixe la fréquence, y compris quand elle doit être plus élevée.

Les poulains et jeunes chevaux, un cas à part

Tout ce qui précède concerne les adultes. Les poulains et les jeunes chevaux ne sont pas exposés aux mêmes parasites, ne s’en défendent pas de la même façon et ne se lisent pas avec les seuils adultes. Leur programme est spécifique et se construit avec le vétérinaire dès les premiers mois. Ne leur appliquez ni le calendrier ni les repères de l’adulte.

Trois examens qui ne répondent pas à la même question

Le calendrier ne disparaît pas : il organise des examens et des réévaluations, mais aussi les traitements préventifs que le vétérinaire juge nécessaires selon les parasites et les risques. La coproscopie remplace donc le calendrier fixe, pas le jugement du vétérinaire : certains traitements saisonniers restent justifiés. Pour les examens, encore faut-il savoir ce que chacun cherche.

La coproscopie de décision aide d’abord à choisir quels chevaux traiter. Le suivi de l’excrétion vérifie ensuite comment évolue un cheval dans le temps : le RESPE évoque par exemple 8 à 10 semaines après un vermifuge pour refaire le point sur l’excrétion. Le contrôle d’efficacité, enfin, cherche à savoir si le produit a bien agi. Ce contrôle compare des comptages selon un protocole précis, souvent sur plusieurs chevaux, et son calendrier dépend du produit et de l’objectif. C’est donc à votre vétérinaire d’en fixer la date, pas à une règle générale.

Comprendre le principe de la coproscopie

La Société Hippique Française explique le principe de la coproscopie et son intérêt pour évaluer l’excrétion parasitaire à partir d’un prélèvement de crottin. Un rappel utile pour comprendre comment cet examen aide à adapter le suivi, sans appliquer un calendrier fixe à tous les chevaux.

Préserver l’efficacité des traitements et limiter la contamination

Le poids, première condition d’un traitement efficace

Quand un vermifuge est décidé, la dose dépend du poids du cheval. L’Anses le souligne : un poids mal évalué entraîne soit un sous-dosage, qui laisse survivre les parasites les plus résistants, soit un surdosage, qui peut être toxique. Votre rôle est de transmettre le poids le plus fiable possible à votre vétérinaire. La dose et le choix du produit restent de son ressort, jamais de celui d’un article ou d’un voisin d’écurie.

L’Anses rappelle aussi de n’utiliser que des produits autorisés pour les équidés. Un produit pour chien, bovin ou humain n’a rien à faire dans la bouche d’un cheval, même s’il contient une molécule au nom familier.

Pourquoi épargner certains chevaux protège-t-il les autres ?

Laisser sans traitement un adulte sain et faible excréteur peut sembler risqué. C’est pourtant ce qui préserve des parasites encore sensibles aux vermifuges, qu’on appelle la population refuge. Ces parasites continuent de se reproduire et diluent ceux qui résistent, ce qui aide à limiter l’extension des résistances. Ce principe ne vaut jamais pour un cheval qui présente des symptômes : lui, on le soigne.

Pour la même raison, changer de marque à chaque traitement ne protège pas grand-chose. Deux marques différentes peuvent contenir une molécule de la même famille, et l’alternance automatique ne remplace pas une décision réfléchie.

Quand un traitement semble ne pas avoir marché

Un résultat encore élevé après un vermifuge ne prouve pas une résistance. La sous-efficacité peut venir de l’administration : une partie de la pâte recrachée, une dose calculée sur un poids sous-estimé, un cheval qui a reçu moins que prévu. Seul un contrôle d’efficacité bien conduit, interprété par le vétérinaire et souvent à l’échelle du groupe, permet de parler de résistance.

Un vermifuge qui semble inefficace : ce que le vétérinaire voudra savoir Ne redonnez pas de dose de vous-même : c’est au vétérinaire de faire la part entre un problème d’administration et une vraie résistance.

  • Le nom du produit et la date exacte du traitement
  • Le poids retenu pour la dose, et la façon dont il a été évalué
  • Si le cheval a bien avalé tout le produit, ou s’il en a recraché une partie
  • Les résultats de coproscopie avant et après, avec la date de chaque prélèvement
  • Les autres chevaux traités en même temps, et leurs résultats

Au pré : ramassage, surpâturage et bousiers

Le traitement n’est qu’une partie du sujet. Les œufs rejetés au pré deviennent des larves que les chevaux avalent en broutant. Ramasser régulièrement les crottins et éviter le surpâturage réduisent cette exposition, comme le rappelle l’ESCCAP. Ces mesures demandent du temps et aucune ne fonctionne comme une garantie chiffrée, mais elles s’organisent bien mieux à l’échelle de l’écurie que cheval par cheval.

L’Anses signale aussi que certains antiparasitaires peuvent affecter les bousiers et les organismes aquatiques. Traiter moins souvent, mais mieux, profite donc aussi à l’environnement. Cela ne justifie jamais de retarder un soin dont votre cheval a besoin.

Plantes et compléments : une prudence nécessaire

Ail, plantes, terre de diatomées : les solutions « naturelles » ont leurs adeptes. Leur capacité à remplacer un vermifuge n’est pas démontrée, et leur innocuité n’est pas toujours connue. Un complément ne devient pas un médicament parce qu’il est rangé au rayon parasites. Parlez-en à votre vétérinaire avant tout usage.

Avant le prochain vermifuge de votre cheval : préparer le bilan plutôt que l’achat

Le prochain message de l’écurie arrivera, avec sa date et sa liste de seringues. Plutôt que de passer commande, prenez rendez-vous avec votre vétérinaire et arrivez avec les bonnes informations : l’âge et l’histoire de votre cheval, son mode de vie et les chevaux qu’il côtoie, ses résultats de coproscopie précédents, le nom et la date du dernier traitement, et son poids le plus juste possible.

Préparer le bilan de votre cheval : les bonnes informations à réunir avant le rendez-vous vétérinaire

Ce bilan préventif se prépare tranquillement, sans urgence. Un cheval qui a mal au ventre, une forte diarrhée ou qui reste prostré relève d’un tout autre réflexe : l’appel immédiat, sans attendre aucune analyse.

Pour le reste, le suivi raisonné n’est pas plus compliqué que l’ancien calendrier. Il demande seulement de regarder chaque cheval pour ce qu’il est, de garder une trace de ses résultats et de décider avec quelqu’un qui sait les lire. C’est ce qui donne une chance d’avoir encore, dans dix ans, des vermifuges qui fonctionnent le jour où votre cheval en aura vraiment besoin.

Ce guide est une information générale et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur l’état de santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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Vermifuge du cheval : vos questions fréquentes

Il n’existe pas de nombre valable pour tous les chevaux. Le rythme dépend de l’âge, de l’état de santé, du mode de vie, de l’historique de l’écurie et des résultats d’analyse. Distinguez aussi les examens, qui se planifient, et les traitements, qui se décident au cas par cas avec le vétérinaire.

Pas automatiquement. La coproscopie ne détecte ni les larves enkystées ni, de façon fiable, les ténias. Chez un adulte sain avec de bons antécédents, le vétérinaire peut décider de ne pas traiter. Chez un jeune, un cheval fragile ou malade, la décision repose sur d’autres critères.

L’intérêt de l’analyse est justement d’identifier chaque cheval pour adapter son traitement. Un mélange de crottins improvisé masque les forts excréteurs. Si votre vétérinaire propose un protocole pour l’ensemble du groupe, suivez sa méthode de prélèvement.

Non. Les poulains et les jeunes chevaux ne sont pas exposés aux mêmes parasites, et les repères adultes de 200 et 500 OPG ne s’appliquent pas à eux. Leur suivi se construit avec le vétérinaire dès les premiers mois.

Rien ne démontre qu’ils puissent remplacer un médicament antiparasitaire. Ne les substituez pas à un traitement décidé par votre vétérinaire, et parlez-lui de tout complément avant de l’utiliser.

Cela dépend de ce qu’on cherche. Pour suivre l’excrétion, une ressource du RESPE évoque 8 à 10 semaines après le traitement. Un contrôle d’efficacité suit un autre protocole, qui dépend du produit. Demandez la date à votre vétérinaire au moment du traitement.

Antoine Varnier, rédacteur spécialisé santé des équidés à la Clinique Vétérinaire Saint-Romain
Antoine Varnier · Rédacteur spécialisé santé des équidés

Antoine participe à la rédaction de contenus consacrés à la santé et au bien-être des équidés. Il s’intéresse particulièrement à la prévention des maladies, à l’alimentation et aux affections chroniques. Son travail vise à préserver la santé des chevaux, poneys, ânes et autres équidés à chaque étape de leur vie.

Article publié par la rédaction de la Clinique Vétérinaire Saint-Romain. Les informations présentées dans ce guide s’appuient sur les connaissances vétérinaires actuelles et sont régulièrement mises à jour afin d’offrir une information fiable aux propriétaires d’animaux de compagnie, de chevaux et de NAC.

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