Otite du chien : symptômes, causes, traitement et quand consulter

Marie

6 septembre 2026

Otite du chien : symptômes, causes, traitement et quand consulter
🐕 Chien · Symptômes chien · Oreilles

Votre chien secoue la tête depuis ce matin. Il se gratte l’oreille avec insistance, penche la tête d’un côté, et quand vous approchez la main, il recule ou gémit. L’intérieur de l’oreille est rouge, peut-être gonflé, et une odeur inhabituelle s’en dégage.

Ce guide vous aide à reconnaître les signes d’une otite chez le chien, à distinguer ce qui peut attendre quelques heures de ce qui impose une consultation rapide, et à comprendre pourquoi certains gestes maison aggravent la situation au lieu de la soulager.

Dans ce guide vous allez apprendre

  • Les signes de triage : quels symptômes justifient un vétérinaire dans la journée et lesquels relèvent d’une urgence immédiate
  • Les causes réelles : pourquoi l’otite n’est pas toujours une infection, et ce que révèle une oreille qui revient sans cesse
  • Ce que voit le vétérinaire : l’examen du tympan, le prélèvement auriculaire, et pourquoi deux oreilles rouges ne reçoivent pas le même traitement
  • Les gestes interdits : coton-tige, gouttes humaines, huile essentielle, et pourquoi chacun peut aggraver l’oreille
  • La prévention adaptée : comment réduire les récidives sans sur-nettoyer ni tomber dans la surveillance obsessionnelle

Mon chien secoue la tête ou se gratte l’oreille : est-ce forcément une otite ?

Ce que votre chien essaie de vous montrer

Un chien qui se frotte l’oreille contre le canapé, qui penche la tête ou qui gémit quand on lui gratte la base du pavillon vous envoie un signal clair : quelque chose le gêne dans le conduit auditif. L’otite du chien est un motif de consultation fréquent, notamment quand l’oreille devient douloureuse, malodorante ou que le chien secoue la tête de façon répétée. Le grattage répété, les secouements de tête, l’oreille chaude au toucher ou une légère rougeur à l’entrée du conduit sont souvent les premiers signes que les propriétaires remarquent.

Pas toujours une otite

Tous les grattages d’oreille ne sont pas des otites. Un épillet coincé après une balade en herbes sèches, une piqûre d’insecte, un parasite isolé ou une simple irritation passagère peuvent provoquer les mêmes gestes. La différence se fait sur la durée et l’intensité : un chien qui se gratte une fois et passe à autre chose n’a probablement rien de grave. Un chien qui recommence toutes les cinq minutes, qui refuse qu’on touche l’oreille ou dont l’oreille sent mauvais, c’est une situation qui mérite votre attention.

L’otite, une inflammation avant tout

L’otite est une inflammation du conduit auditif, pas forcément une infection. Cette distinction change tout pour la suite. Un conduit peut être rouge, irrité et douloureux sans qu’aucune bactérie ni levure ne soit encore en cause. Les surinfections arrivent souvent dans un second temps, quand l’inflammation traîne sans être prise en charge. Réduire toutes les otites à « il faut un antibiotique » revient à confondre la conséquence avec la cause.

Une anatomie qui piège les problèmes

Le conduit auditif du chien n’est pas droit comme le nôtre. Il forme un coude en L, avec une partie verticale puis une partie horizontale avant le tympan. Cette forme retient l’humidité, le cérumen et les débris bien plus facilement qu’un conduit rectiligne. Elle explique aussi pourquoi un nettoyage maladroit peut tasser les saletés au fond au lieu de les évacuer, et pourquoi les chiens à oreilles tombantes, qui empêchent l’air de circuler, sont plus souvent touchés. C’est aussi ce coude qui rend l’oreille du chien impossible à examiner sans un otoscope : vous ne voyez que l’entrée, le reste est hors de portée.

Otite du chien : trier les signes vite. Repérez ce que vous observez, le niveau d’urgence et le geste à éviter.

Quels signes montrent qu’une otite du chien nécessite un vétérinaire rapidement ?

Ce que l’oreille vous montre

Certains signes ne laissent pas de place au doute. Une oreille rouge, chaude, gonflée, qui dégage une mauvaise odeur ou laisse couler un liquide brunâtre, jaunâtre ou blanchâtre mérite un examen vétérinaire. Un cérumen abondant, inhabituel par sa couleur ou sa consistance, un suintement visible à l’entrée du conduit : autant de signaux que l’oreille est enflammée. La majorité des otites externes chez le chien nécessitent un traitement médical et ne se résolvent pas d’elles-mêmes. Attendre en espérant que ça passe, c’est souvent laisser l’inflammation s’installer.

Ce que le comportement vous dit

Le comportement de votre chien en dit autant que l’oreille elle-même. Un chien qui secoue la tête sans arrêt, qui se gratte au point de se blesser, qui gémit quand vous approchez la main ou qui refuse catégoriquement qu’on touche cette zone a mal. Certains deviennent irritables, grognent ou s’isolent. D’autres se frottent la tête contre le sol ou les meubles pour tenter de soulager la gêne. La douleur auriculaire est intense chez le chien, et ces changements de comportement sont souvent le premier signal d’alarme pour le propriétaire.

Les signaux d’urgence immédiate

Certaines situations ne doivent pas attendre le lendemain. Un chien qui garde la tête penchée en permanence, qui perd l’équilibre, qui tourne en rond ou qui semble désorienté présente peut-être une atteinte au-delà du conduit externe. Ces signes évoquent une otite moyenne ou interne, plus profonde et plus sérieuse.

Un chien dont le pavillon de l’oreille gonfle brutalement, un hématome auriculaire provoqué par les secouements violents, doit être vu rapidement. Un chien très abattu, qui ne mange plus ou qui semble prostré, doit lui aussi être examiné sans tarder.

Ce qui arrive quand on attend trop

Une otite prise en charge rapidement se traite bien. Une otite qui traîne, c’est une autre affaire. Dans les formes chroniques avancées, la paroi du conduit auditif peut s’épaissir jusqu’à atteindre six fois sa taille normale. Le conduit se rétrécit, les gouttes passent moins bien, le nettoyage devient douloureux, et le traitement s’allonge considérablement. Dans certains cas, le conduit se ferme presque complètement, et la chirurgie reste alors la seule option. Chaque jour gagné au début évite des semaines de soins à la fin.

Otite du chien : trier les signes pour bien réagir

Signe observéCe que vous faitesCe que vous ne faites pas
Grattage occasionnel, oreille propre, pas de douleurSurveiller 24 à 48 heuresMettre des gouttes « au cas où »
Rougeur, cérumen inhabituel, odeur légèreConsultation dans la journée ou le lendemainNettoyer avec un coton-tige
Douleur vive, refus de se laisser toucher, écoulementConsultation dans la journéeAdministrer un médicament humain
Tête penchée, perte d’équilibre, gonflement du pavillonConsultation en urgenceAttendre le week-end
Abattement, fièvre, arrêt de l’alimentationConsultation en urgenceChercher un remède maison

Quelles sont les causes les plus fréquentes d’une otite chez le chien ?

L’allergie, première cause des otites récidivantes

C’est la cause la plus fréquente, et pourtant la plus souvent sous-estimée. Un chien allergique (aux acariens, aux pollens, à certains aliments) développe une inflammation cutanée qui touche souvent les oreilles en priorité. Chez un chien allergique, les oreilles font partie des zones souvent touchées, ce qui explique qu’une otite qui revient fasse penser à un terrain allergique. L’oreille rougit, produit trop de cérumen, et ce milieu chaud et humide devient un terrain idéal pour les levures et les bactéries.

Si votre chien se gratte aussi le ventre, les pattes ou les aisselles en plus de l’oreille, le terrain allergique est probable. L’otite n’est alors qu’une pièce d’un puzzle plus large.

Levures et bactéries : souvent la conséquence, rarement la cause

Beaucoup de propriétaires pensent que l’otite est une « infection qu’on attrape ». En réalité, les bactéries et les levures (comme Malassezia) vivent naturellement dans le conduit auditif du chien. Elles ne posent problème que lorsque l’environnement du conduit se déséquilibre : trop d’humidité, trop de cérumen, une inflammation qui modifie les conditions locales. L’otite externe érythémato-cérumineuse, caractérisée par une rougeur et un excès de cérumen sans pus franc, représente jusqu’à 78,5 % des cas d’otites externes. Le tableau le plus courant, ce n’est donc pas l’oreille purulente, c’est l’oreille rouge et grasse.

Parasites : la gale auriculaire

La gale auriculaire, causée par un acarien microscopique appelé Otodectes cynotis, provoque un cérumen noirâtre, sec et friable qui ressemble à du marc de café. Elle est très contagieuse entre animaux et se transmet par simple contact. Les jeunes chiens et ceux vivant en collectivité (élevage, refuge) sont les plus exposés. Un dépôt noir dans l’oreille doit faire penser à cette cause, même si seul un prélèvement examiné au microscope permet de la confirmer avec certitude.

Eau, baignade et macération

Un chien qui nage souvent, qui se baigne en été ou qui prend des bains fréquents sans séchage des oreilles accumule de l’humidité dans un conduit déjà peu ventilé. Les races à oreilles tombantes sont doublement exposées : le pavillon rabattu empêche l’air de circuler et l’eau de s’évaporer. Le résultat, c’est une macération qui favorise la prolifération des levures et crée les conditions d’une otite externe en quelques jours seulement.

L’épillet : l’urgence d’été

Un chien qui se met brutalement à secouer la tête d’un seul côté, juste après une promenade dans les herbes hautes, doit faire penser à un épillet. Ce petit épi sec et pointu s’enfonce dans le conduit et progresse sans jamais ressortir seul. L’oreille devient très vite douloureuse, le chien peut gémir ou refuser tout contact. C’est une consultation le jour même, parce que plus l’épillet descend, plus le retrait devient compliqué et risque d’abîmer le tympan.

Une oreille ou deux oreilles : ce que cela oriente

  • Une seule oreille touchée brutalement après une promenade : penser d’abord à un corps étranger (épillet), parfois un insecte ou un traumatisme local
  • Une seule oreille touchée sans contexte particulier : possible otite isolée, parasitaire ou infectieuse
  • Les deux oreilles touchées en même temps, surtout si cela revient : penser au terrain allergique, qui enflamme les deux conduits de façon symétrique
  • Les deux oreilles chez un jeune chien en collectivité : penser à la gale auriculaire, très contagieuse par contact direct

Comment le vétérinaire confirme-t-il le type d’otite et pourquoi le bon diagnostic change tout ?

L’otoscope : voir ce que vous ne pouvez pas voir

Vous ne voyez que l’entrée du conduit auditif. Le vétérinaire, avec un otoscope, peut observer la partie verticale, le coude, la partie horizontale et le tympan. Il repère l’inflammation, les sécrétions, un éventuel corps étranger coincé ou un rétrécissement du conduit qui empêcherait les gouttes de passer. L’examen des oreilles fait partie des gestes courants en consultation vétérinaire, mais il donne des informations impossibles à obtenir à l’oeil nu à la maison.

Le tympan change tout

Avant de prescrire quoi que ce soit, le vétérinaire vérifie l’état de la membrane tympanique. Certains médicaments auriculaires vétérinaires sont contre-indiqués si le tympan est perforé. Les appliquer sur un tympan abîmé peut aggraver la douleur et provoquer des lésions dans l’oreille moyenne. C’est exactement la raison pour laquelle les gouttes « au cas où », qu’elles soient humaines ou issues d’un ancien traitement, représentent un risque réel. Le tympan, vous ne pouvez pas le voir vous-même.

Vétérinaire soulevant l’oreille d’un chien blanc pendant un examen en clinique.

Le prélèvement : identifier l’agent en cause

Un frottis du cérumen examiné au microscope permet de distinguer en quelques minutes les bactéries des levures, d’identifier un acarien de gale auriculaire ou de confirmer une inflammation sans surinfection. Ce geste rapide oriente le choix du traitement. Sans lui, on traite à l’aveugle, et un antifongique ne résoudra jamais une otite bactérienne. L’inverse est tout aussi vrai. La bonne réponse dépend de ce qu’on trouve, pas de ce qu’on suppose.

Deux oreilles rouges, deux réponses différentes

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’une otite liée à un épillet n’a rien à voir avec une otite liée à une allergie alimentaire. Les deux rendent l’oreille rouge et douloureuse, les deux font secouer la tête. L’une demande un retrait immédiat sous contrôle visuel. L’autre demande un traitement de fond qui peut durer des mois. Le bon diagnostic, c’est ce qui évite de soigner le mauvais problème pendant des semaines en se demandant pourquoi ça ne passe pas.

Comment soigne-t-on une otite chez le chien sans aggraver l’oreille ?

Un traitement qui dépend de ce qu’on a trouvé

Il n’existe pas un traitement unique pour toutes les otites. Une otite parasitaire se traite avec un antiparasitaire. Une surinfection bactérienne demande un antibiotique local ciblé. Une otite à levures demande un antifongique. Une otite d’origine allergique nécessite, en plus du traitement local, une prise en charge du terrain qui peut inclure un changement alimentaire ou un traitement au long cours. Le traitement découle du diagnostic, jamais l’inverse, et c’est pour cela que l’étape précédente est indispensable.

Les gouttes prescrites : pourquoi la durée compte

Quand le vétérinaire prescrit des gouttes auriculaires, il fixe une durée de traitement. Cette durée n’est pas négociable. Arrêter les gouttes parce que l’oreille « a l’air mieux » au bout de trois jours est l’une des premières causes de récidive. Les symptômes visibles disparaissent avant que l’inflammation profonde ne soit résolue. Le contrôle vétérinaire en fin de traitement sert précisément à vérifier que le conduit est réellement guéri, pas seulement calmé en surface.

Le nettoyage : utile, pas n’importe comment

Un nettoyage auriculaire avec un produit vétérinaire adapté peut faire partie du traitement. Le geste est simple : remplir le conduit, masser la base de l’oreille, laisser le chien secouer la tête, puis essuyer l’excédent à l’entrée avec une compresse. Le produit dissout le cérumen et les débris, le chien les expulse en secouant la tête. Ce que vous ne faites jamais, c’est enfoncer quoi que ce soit dans le conduit pour « aller chercher » ce qui reste au fond.

Ce qu’il ne faut jamais mettre dans l’oreille d’un chien

Les coton-tiges sont à proscrire : le conduit en L du chien fait qu’un coton-tige pousse les résidus vers le tympan au lieu de les retirer. Les gouttes auriculaires humaines ne sont pas dosées pour un chien et peuvent contenir des substances irritantes ou toxiques pour le conduit canin. Les huiles essentielles, même diluées, brûlent une muqueuse déjà enflammée. Un antibiotique restant d’un ancien traitement risque de ne pas correspondre au germe en cause, et de favoriser des résistances.

Si votre chien se met à vomir ou à saliver abondamment après l’application d’un produit inapproprié dans l’oreille, contactez votre vétérinaire sans attendre.

Ce qu’il ne faut jamais mettre dans l’oreille de votre chien
  • Coton-tige : enfonce les résidus au fond du conduit en L, risque de blesser le tympan
  • Gouttes auriculaires humaines : dosage inadapté, substances potentiellement toxiques pour le chien
  • Huiles essentielles : brûlent la muqueuse enflammée, même diluées
  • Antibiotique restant : mauvais germe, mauvaise durée, risque de résistance
  • Vinaigre, eau oxygénée, alcool : irritants sur un conduit déjà douloureux
  • Nettoyage agressif sur oreille très douloureuse : consulter d’abord, nettoyer ensuite

Pourquoi certaines otites du chien reviennent-elles sans cesse ?

Le cercle vicieux de l’inflammation chronique

Une otite non traitée ou mal traitée entretient un cycle qui s’auto-alimente. L’inflammation fait gonfler la paroi du conduit, ce gonflement piège davantage le cérumen et l’humidité, les microbes prolifèrent, et l’inflammation s’aggrave encore. Avec le temps, la paroi se modifie en profondeur. Dans les formes chroniques avancées, l’épithélium du conduit peut atteindre jusqu’à six fois sa taille normale, rétrécissant le passage et rendant chaque traitement suivant un peu moins efficace que le précédent.

Comprendre les otites qui récidivent

Cette capsule explique concrètement pourquoi certaines otites reviennent : allergie, humidité, conduit mal aéré ou entretien inadapté. En 9 minutes, Conseils de vétérinaires par Tony et Léon aide à repérer les causes qui entretiennent les récidives et à mieux orienter la prise en charge.

Le terrain allergique, grand responsable des récidives

La cause la plus fréquente des otites récidivantes chez le chien, c’est l’allergie. Un chien atopique peut voir ses otites revenir à chaque changement de saison, à chaque contact avec l’allergène, ou en continu si l’allergène est alimentaire ou domestique. Traiter chaque épisode sans s’occuper du terrain, c’est comme éponger le sol sans fermer le robinet. Le vétérinaire peut proposer un bilan allergologique, un régime d’éviction ou un traitement de fond adapté pour réduire la fréquence des crises.

Un chien dont les otites reviennent tous les deux mois et qui paraît anormalement fatigué entre les épisodes mérite un bilan complet, pas seulement un traitement de crise.

Traitement arrêté trop tôt, otite revenue trop vite

C’est un scénario classique : l’oreille va mieux après quelques jours de gouttes, le propriétaire arrête le traitement, et l’otite revient deux semaines plus tard. L’otite externe aiguë correspond à une atteinte présente depuis moins de deux à trois semaines. Au-delà de trois semaines, ou si elle revient régulièrement, on parle de forme chronique. Chaque épisode non résolu complètement prépare le terrain du suivant, avec un conduit qui tolère de moins en moins bien les agressions.

Des modifications invisibles dans le conduit

Ce que vous ne voyez pas, c’est que le conduit auditif se transforme à chaque récidive. Le tissu cicatriciel s’accumule, les glandes à cérumen s’hypertrophient, le conduit se rétrécit un peu plus à chaque épisode. Ces changements sont irréversibles une fois installés. Un chien dont les otites reviennent trois ou quatre fois par an a besoin d’un suivi vétérinaire régulier et d’un plan de prévention, pas seulement d’un traitement à chaque nouvelle crise.

Comment prévenir les récidives d’otite chez le chien ?

Inspecter sans devenir obsessionnel

Un coup d’oeil régulier dans les oreilles de votre chien suffit à repérer une rougeur, un excès de cérumen ou une odeur avant que la situation ne dégénère. Soulevez le pavillon, regardez l’entrée du conduit, sentez. Si c’est rose, sec et sans odeur particulière, tout va bien. Si quelque chose a changé par rapport à d’habitude, surveillez sur 24 heures et consultez si cela persiste. Une fois par semaine, c’est un bon rythme pour la plupart des chiens.

Sécher les oreilles après chaque baignade

Après un bain, une baignade en rivière ou une promenade sous la pluie, prenez quelques secondes pour essuyer l’intérieur du pavillon avec un linge propre et sec. Le but n’est pas de nettoyer en profondeur, c’est d’absorber l’eau résiduelle qui stagne à l’entrée du conduit. Les races à oreilles tombantes (Cocker, Cavalier King Charles, Basset, Labrador) méritent cette attention à chaque sortie mouillée, parce que le pavillon rabattu empêche l’évaporation naturelle.

La saison des épillets : vigilance après promenade

De mai à septembre, les herbes sèches des bords de chemin et des friches libèrent des épillets capables de se glisser dans les oreilles, les narines ou entre les doigts. Après chaque promenade dans ces zones, inspectez les oreilles de votre chien, surtout s’il a couru dans les herbes hautes. Ce réflexe d’inspection rejoint celui de la recherche de tiques au retour de balade : quelques secondes qui peuvent éviter des heures chez le vétérinaire.

Prévenir les otites qui reviennent : les 5 réflexes simples pour protéger les oreilles de votre chien au quotidien

Oreilles tombantes et poils dans le conduit

Certaines races produisent des poils à l’intérieur du conduit auditif (Caniche, Bichon, Cocker, Schnauzer). Ces poils retiennent le cérumen et réduisent la ventilation naturelle. Le toiletteur ou le vétérinaire peut les retirer lors du toilettage régulier. Pour les oreilles tombantes, aucune solution miracle : la morphologie est ce qu’elle est. La meilleure prévention reste la surveillance régulière et le séchage systématique après chaque contact avec l’eau.

Consulter tôt plutôt que trop tard

La prévention la plus efficace face aux récidives, c’est de ne pas laisser une otite s’installer. Un chien qui commence à se gratter l’oreille plus que d’habitude, qui secoue la tête ou dont l’oreille change d’odeur mérite une consultation rapide, pas dans deux semaines. Plus l’otite est prise tôt, plus le traitement est court, moins le conduit souffre, et moins les récidives sont probables. C’est un cercle vertueux, l’exact inverse de celui qui s’installe quand on attend en espérant que ça passe tout seul.

Prévention des otites : les réflexes qui changent la donne

  • Inspecter les oreilles une fois par semaine : couleur, odeur, cérumen
  • Sécher l’intérieur du pavillon après chaque baignade ou sortie sous la pluie
  • Vérifier les oreilles après toute promenade en herbes sèches (épillets, mai à septembre)
  • Ne pas nettoyer les oreilles « pour le principe » si elles sont propres et sèches
  • Faire retirer les poils du conduit chez le toiletteur pour les races concernées
  • Consulter dès les premiers signes au lieu d’attendre que la douleur s’installe

Otite du chien : réagir vite pour protéger l’oreille

Un chien qui secoue la tête et se gratte l’oreille vous demande de l’aide. La plupart du temps, une consultation rapide, un diagnostic ciblé et un traitement adapté suffisent à régler le problème en quelques jours. Ce qui aggrave les choses, ce n’est presque jamais l’otite elle-même : c’est l’attente, les faux remèdes et les traitements arrêtés trop tôt.

Si votre chien a mal à l’oreille, consultez. Si l’otite revient, cherchez la cause de fond avec votre vétérinaire plutôt que de retraiter chaque épisode à l’identique. Si l’oreille va bien, un coup d’oeil régulier suffit à garder de l’avance sur le problème.

Ce guide est une information générale et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur l’état de santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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Otite chien : vos questions fréquentes

Observez trois choses : la douleur, l’odeur et le comportement. Un chien qui gémit, qui refuse qu’on touche son oreille, qui garde la tête penchée ou qui perd l’équilibre présente une otite qui nécessite un vétérinaire dans la journée. Une oreille simplement rouge, sans douleur marquée ni écoulement, peut être surveillée 24 à 48 heures, pas davantage.

Oui, dès que votre chien montre des signes de douleur, un écoulement, une odeur marquée ou un gonflement de l’oreille. Si la tête reste penchée, si le chien tourne en rond ou semble désorienté, c’est une urgence immédiate. Seuls les grattages légers et passagers, sans rougeur ni odeur, peuvent être surveillés quelques heures.

Non. Les gouttes auriculaires humaines ne sont pas formulées pour le chien. Elles peuvent contenir des substances irritantes, voire toxiques pour le conduit canin. Certains médicaments auriculaires sont contre-indiqués si le tympan est perforé, ce que vous ne pouvez pas vérifier vous-même. Seul le vétérinaire prescrit le bon produit après avoir examiné l’oreille.

Une mauvaise odeur signale une prolifération de bactéries ou de levures dans le conduit. C’est un signe d’otite qui justifie une consultation, pas un simple problème d’hygiène. Ne tentez pas de masquer l’odeur par un nettoyage : elle reviendra tant que la cause n’est pas traitée. Le vétérinaire identifiera l’agent en cause et prescrira un traitement adapté.

Pas forcément. Un cérumen noirâtre, sec et friable évoque la gale auriculaire (Otodectes cynotis), surtout chez un jeune chien ou un animal en collectivité. Un cérumen foncé et gras peut correspondre à une surinfection à levures. Seul un prélèvement examiné au microscope permet de distinguer les deux. La couleur du cérumen oriente, elle ne suffit jamais à poser un diagnostic.

Si le secouement est soudain, violent et ne s’arrête pas, pensez à un épillet ou un corps étranger entré dans le conduit pendant la balade. C’est particulièrement fréquent de mai à septembre dans les herbes sèches. Consultez dans la journée : un épillet ne ressort pas seul et s’enfonce progressivement vers le tympan.

Oui, et c’est même fréquent quand la cause sous-jacente n’est pas traitée. Un terrain allergique, des oreilles tombantes, une humidité récurrente ou des traitements interrompus trop tôt entretiennent le cycle des récidives. Un chien qui fait plus de deux otites par an mérite un bilan approfondi pour identifier et traiter la cause de fond.

Utilisez exclusivement un nettoyant auriculaire vétérinaire. Remplissez le conduit, massez doucement la base de l’oreille pendant quelques secondes, laissez le chien secouer la tête, puis essuyez l’excédent avec une compresse à l’entrée du pavillon. N’utilisez jamais de coton-tige : il enfonce les débris au fond du conduit en L. Si l’oreille est très douloureuse ou très rouge, ne nettoyez pas vous-même : consultez d’abord.

Marie Duvertier, rédactrice spécialisée santé canine et féline à la Clinique Vétérinaire Saint-Romain
Marie Duvertier · Rédactrice spécialisée santé canine et féline

Passionnée par la santé des chiens et des chats, Marie rédige des guides pratiques consacrés aux maladies de peau, aux allergies et aux affections dermatologiques chroniques. Elle s’intéresse notamment aux dermatites atopiques, aux otites allergiques et à la prise en charge du prurit chez les carnivores domestiques.

Article publié par la rédaction de la Clinique Vétérinaire Saint-Romain. Les informations présentées dans ce guide s’appuient sur les connaissances vétérinaires actuelles et sont régulièrement mises à jour afin d’offrir une information fiable aux propriétaires d’animaux de compagnie, de chevaux et de NAC.

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