Foin à volonté, légumes frais chaque jour, granulés en petite quantité, vitamine C sans exception : l’alimentation du cochon d’Inde repose sur des règles simples. Simples à comprendre. Mais souvent mal appliquées. Et chez le cobaye, une erreur alimentaire répétée peut coûter très cher.
Pain pour user les dents, mélange de graines colorées, granulés à volonté : ces habitudes sont encore très répandues. Pourtant, elles sont toutes nuisibles. Ce guide vous explique ce que doit vraiment manger votre cobaye, en quelles quantités, à quel âge, et quelles erreurs éviter absolument.
🐾 Dans ce guide vous allez apprendre
- La pyramide alimentaire du cobaye : foin, légumes, granulés : dans le bon ordre
- Le foin : quel type, quelle qualité, pourquoi à volonté
- Les légumes : liste complète autorisés / modération / interdits avec les quantités
- La vitamine C : doses, sources, et le point critique que personne ne dit sur les granulés
- Les 5 idées reçues qui nuisent à votre cobaye (pain, céréales, bâtonnets…)
- Les légumes courants qui posent problème : pomme de terre, laitue, épinards
- L’alimentation selon l’âge : jeune cobaye, adulte, femelle gestante, cobaye âgé
- Un exemple de menu hebdomadaire complet avec quantités et rotation
📋 Sommaire
- La pyramide alimentaire du cobaye
- Le foin : la base non négociable
- Les légumes : quotidiens, variés, bien choisis
- La vitamine C : l’urgence quotidienne
- Les granulés : un complément, pas une base
- Les 5 idées reçues qui nuisent à votre cobaye
- Les légumes du quotidien qui posent problème
- L’alimentation selon l’âge et le stade
- Exemple de menu hebdomadaire
- L’eau : biberon ou gamelle ?
- Conclusion
- Ce qu’il faut retenir
- Questions fréquentes sur l’alimentation du cochon d’Inde
Le cochon d’Inde est un herbivore strict. Son tube digestif mesure 2,5 mètres de long et fonctionne en continu. Son transit est lent, pouvant atteindre une semaine entre ingestion et élimination. Ces deux caractéristiques rendent son alimentation déterminante : ce qu’on lui donne, et dans quel ordre de priorité, conditionne directement sa santé sur le long terme.
La pyramide alimentaire du cobaye
Avant d’entrer dans le détail de chaque aliment, une règle de proportion s’impose. Elle structure tout le reste et évite les confusions les plus courantes.
Ces proportions ne sont pas arbitraires. Elles reproduisent ce que le cobaye mangerait naturellement dans les prairies andines dont il est originaire : de la végétation fibreuse en continu, des plantes variées selon la saison, et très peu d’aliments concentrés. Inverser cette pyramide, c’est-à-dire donner surtout des granulés avec peu de foin, est la principale cause d’obésité, de malocclusion et de troubles digestifs chez les cobayes de compagnie.
Le foin : la base non négociable
Le foin n’est pas un complément. Ce n’est pas un lit dans lequel le cobaye dort. C’est son aliment principal, sa source de fibres longues irremplaçable, et le seul aliment qui permet à ses dents de s’user correctement. Un cobaye sans foin à volonté est un cobaye en train de développer des problèmes dentaires, souvent sans signe visible pendant des semaines.

Quel foin choisir ?
Le foin de timothy est la référence pour les cobayes adultes. Riche en fibres, pauvre en calcium et en protéines, il convient à une consommation quotidienne sans limite. Le foin de fléole des prés est une alternative acceptable. Le foin de luzerne (alfalfa) est réservé aux jeunes cobayes de moins de 6 mois et aux femelles gestantes ou allaitantes : il est plus riche en calcium et en protéines, ce qui est utile pendant la croissance mais favorise les calculs urinaires chez l’adulte.
Comment reconnaître un foin de qualité
Un bon foin se reconnaît à l’odeur : fraîche, légèrement sucrée, jamais rance ni moisie. La couleur doit être dorée à vert pâle, jamais grise ou brunâtre. Un foin de mauvaise qualité sera boudé par le cobaye, ce qui réduira sa consommation fibreuse et ouvrira la porte aux problèmes digestifs et dentaires. Changez le foin chaque jour : le foin humide ou souillé par l’urine peut contenir des moisissures invisibles.
Si votre cobaye snobe son foin, essayez de le disperser dans sa cage plutôt que de le concentrer dans un râtelier. Les cobayes sont des animaux de recherche alimentaire : fouiller pour trouver leur foin stimule leur comportement naturel et augmente leur consommation. Mélanger deux variétés de foin (timothy + prairie) fonctionne aussi très bien.
Les légumes : quotidiens, variés, bien choisis
Les légumes frais représentent 20 % de l’alimentation et apportent eau, vitamines et minéraux que le foin seul ne couvre pas. La règle de base est simple : 150 à 200 grammes par jour, répartis en 2 prises, avec au minimum 3 légumes différents. La variété est aussi importante que la quantité : chaque légume apporte un profil nutritionnel distinct.
Introduire les légumes progressivement
La règle d’or pour tout nouvel aliment : l’introduire seul, en petite quantité, sur 3 à 4 jours consécutifs avant d’ajouter un autre nouveau légume. Le transit lent du cobaye ne s’adapte pas rapidement aux changements. Une diarrhée soudaine après introduction d’un nouveau légume signale que celui-ci ne convient pas, ou que la quantité était trop importante. Retirez-le et réessayez plus tard en plus petite dose.
Alimentation du cochon d’Inde : légumes autorisés, avec modération et interdits
| ✅ Autorisés (quotidien) | ⚠️ Avec modération | ❌ Interdits |
|---|---|---|
| Poivron rouge, orange, jaune (riche en vit. C) | Carotte (riche en sucre, 2-3 fois/semaine) | Oignon, ail, échalote, ciboulette (anémie) |
| Persil frais (excellente source de vit. C) | Maïs frais (sucré, 1 fois/semaine) | Pomme de terre crue et épluchures (solanine) |
| Brocoli, chou vert, chou frisé, chou de Bruxelles | Chou-fleur (fermentation, petites quantités) | Rhubarbe (oxalates élevés) |
| Céleri, fenouil, endive, mâche, roquette | Épinards (oxalates, 1 fois/semaine max) | Avocat (toxique) |
| Courgette, concombre (en petite quantité) | Laitue iceberg (riche en eau, peu nutritive) | Fanes de betterave (acide oxalique) |
| Pissenlit, fanes de carotte, fanes de radis | Fruits (1-2 fois/semaine, sans pépins) | Poireau, ciboulette (toxiques) |
| Topinambour, radis, navet (pas les fanes) | Peau de banane (occasionnellement) | Pépins de pomme, noyaux (cyanure) |
| Herbe fraîche non traitée, pissenlit | Betterave (très sucrée, 1 fois/semaine) | Plantes de jardin non identifiées |
Les légumes froids sortis du réfrigérateur peuvent déclencher des troubles digestifs. Sortez toujours les légumes 30 minutes avant de les donner pour qu’ils soient à température ambiante. Retirez systématiquement ce qui n’est pas consommé après 2 à 3 heures : un légume qui fermente dans la cage peut provoquer une intoxication.
La vitamine C : l’urgence quotidienne
Le cochon d’Inde partage avec l’humain une particularité génétique rare : l’incapacité à synthétiser la vitamine C. C’est le seul rongeur dans ce cas. Cette exception biologique transforme la supplémentation en vitamine C en obligation quotidienne absolue. Sans apport suffisant, le scorbut s’installe en 2 à 4 semaines. Il commence par une raideur articulaire discrète et peut évoluer vers des hémorragies internes, la chute des dents et la mort.
Les doses recommandées
La dose de base pour un cobaye adulte en bonne santé est de 10 à 30 mg de vitamine C par kilo de poids corporel par jour. Les femelles gestantes ou allaitantes ont des besoins augmentés, entre 30 et 40 mg/kg/jour. Un cobaye convalescent ou stressé peut nécessiter jusqu’à 50 mg/kg/jour temporairement. Ces doses sont à couvrir par l’alimentation, pas uniquement par les granulés.
Les meilleures sources alimentaires
Le poivron rouge est la source la plus concentrée et la plus appréciée : 100 g de poivron rouge apportent environ 190 mg de vitamine C. Le persil frais suit de près avec 130 mg pour 100 g. Le brocoli, le chou vert et le chou frisé sont aussi d’excellentes sources. Une portion quotidienne de poivron rouge suffit souvent à couvrir une bonne partie des besoins d’un cobaye adulte de 1 kg.
Les granulés enrichis en vitamine C perdent leur teneur rapidement après ouverture. Après 3 mois d’ouverture, il ne reste en moyenne que 35 % de la quantité initiale. Après 6 mois, pratiquement rien. Cela signifie qu’un sac de granulés ouvert depuis plusieurs mois n’apporte plus de vitamine C utilisable. Ne jamais compter uniquement sur les granulés pour couvrir les besoins en vitamine C : les légumes frais restent la source la plus fiable.
Les granulés : un complément, pas une base
Les granulés sont souvent présentés comme « l’alimentation » du cobaye dans les animaleries. C’est l’une des erreurs les plus répandues. Les granulés ne représentent que 10 % de la ration totale et constituent un complément nutritionnel, pas une base alimentaire.
Quelle quantité et quel type ?
La dose recommandée est de 15 à 20 g par jour pour un cobaye adulte de 1 kg, soit environ une cuillère à soupe rase. Les granulés doivent être uniformes, cylindriques ou en pellets, et non des mélanges colorés contenant des graines, des céréales et des morceaux de fruits séchés. Ces mélanges poussent le cobaye à trier : il mange les parties sucrées et ignore le reste, ce qui crée des déséquilibres nutritionnels.
Comment lire l’étiquette
Un bon granulé pour cobaye doit afficher : au moins 15 % de fibres brutes, 16 à 20 % de protéines, moins de 3 % de matières grasses, et une teneur en vitamine C indiquée (même si elle se dégrade). Évitez les granulés contenant du maïs, du blé, des fruits secs ou du miel dans les 5 premiers ingrédients : ce sont des signes d’un produit trop sucré et trop énergétique pour une consommation quotidienne.

Les 5 idées reçues qui nuisent à votre cobaye
Certaines habitudes alimentaires sont transmises de génération en génération entre propriétaires de cobayes, sans jamais avoir été vérifiées. Voici les 5 les plus répandues, et pourquoi elles sont problématiques.
1. « Le pain use les dents »
C’est la croyance la plus tenace. Elle est fausse sur deux points. D’abord, le pain n’use pas les dents du cobaye : l’usure dentaire correcte nécessite des fibres longues qui imposent un mouvement horizontal de la mâchoire, que le pain ne produit pas. Ensuite, le pain est riche en amidon et en gluten, deux composants que le système digestif du cobaye assimile très mal. Une consommation régulière peut provoquer des fermentations intestinales, une dysbiose et des troubles digestifs graves.
2. « Les mélanges de graines et céréales sont naturels »
Les mélanges colorés vendus en animalerie, contenant tournesol, maïs, avoine, morceaux de pomme séchée, ressemblent à de la nourriture « naturelle ». Ils ne le sont pas pour un cobaye. Les céréales sont trop riches en glucides et en graisses pour l’intestin d’un herbivore strict. Les graines de tournesol, en particulier, sont très lipidiques et favorisent l’obésité. Ces mélanges génèrent aussi le comportement de tri : le cobaye mange les parties les plus sucrées et ignore le reste.
3. « Les bâtonnets et friandises industrielles sont des récompenses saines »
Les bâtonnets à mâcher pour rongeurs contiennent typiquement du miel, du maïs, des produits laitiers, des fruits secs et des liants sucrés. Aucun de ces ingrédients n’est adapté au cobaye. Les produits laitiers sont indigestes pour lui. Le miel et les sucres concentrés déséquilibrent la flore intestinale. Ces produits sont conçus pour plaire à l’oeil du propriétaire, pas pour nourrir l’animal. Un morceau de poivron frais est une bien meilleure récompense.
4. « Les granulés à volonté, c’est plus pratique »
Laisser les granulés en libre-service dans la cage est une erreur fréquente des propriétaires débutants. Le cobaye mange les granulés en priorité car ils sont plus concentrés en énergie que le foin. Résultat : il mange moins de foin, ses dents s’usent moins bien, son transit ralentit, et il prend du poids. La dose journalière de granulés doit être mesurée et donnée en 1 ou 2 prises, jamais à disposition permanente.
5. « Les fruits sont bons pour leur vitamine C »
Les fruits contiennent de la vitamine C, c’est vrai. Seulement, ils contiennent aussi beaucoup de sucres simples que le cobaye métabolise mal en grandes quantités. Les fruits sont à réserver à 1 ou 2 fois par semaine maximum, en petite portion (un quartier de pomme, quelques fraises), sans pépins ni noyaux. Ils ne doivent jamais constituer une source principale de vitamine C : le poivron et le persil sont bien plus appropriés.
Les légumes du quotidien qui posent problème
Certains légumes que les propriétaires donnent en toute bonne foi, parce qu’ils sont courants et semblent inoffensifs, peuvent poser des problèmes réels chez le cobaye. Ce ne sont pas tous des aliments « interdits » au sens strict, mais leur mauvais usage est fréquent.
La pomme de terre crue
Crue, elle contient de la solanine, un alcaloïde naturel toxique pour le cobaye. Les épluchures en contiennent encore plus que la chair. La pomme de terre ne doit jamais être donnée crue. Cuite, elle perd une grande partie de sa solanine mais reste trop riche en amidon pour être un légume régulier. Elle est simplement à éviter.
La laitue en excès
Très riche en eau et pauvre en nutriments, la laitue iceberg, est très riche en eau et pauvre en nutriments. En grande quantité, elle peut provoquer des diarrhées par excès d’eau dans le transit. La laitue romaine ou la laitue feuille de chêne sont de meilleures options, mais toujours en quantité modérée et jamais en remplacement de légumes plus nutritifs.
Les épinards
Riches en oxalates, des composés qui se lient au calcium et peuvent favoriser la formation de calculs urinaires chez le cobaye. Ils ne sont pas toxiques en petite quantité occasionnelle. Mais donnés régulièrement, ils constituent un facteur de risque réel. Préférez le chou frisé ou le brocoli comme sources de légumes verts feuillus.
Les fanes de navet
Contrairement aux fanes de carotte ou de radis qui sont excellentes, les fanes de navet sont riches en calcium et présentent une certaine toxicité accumulée. Le navet lui-même (racine) est autorisé avec modération. Les fanes, non. C’est une erreur fréquente car les propriétaires pensent que si le légume est bon, sa fane l’est aussi : ce n’est pas systématiquement le cas.
Le chou-fleur et les légumes fermentescibles
Ces légumes peuvent générer des gaz intestinaux en excès chez certains cobayes sensibles. Le brocoli en grande quantité, les choux de Bruxelles peuvent générer des gaz intestinaux en excès chez certains cobayes sensibles. Ces légumes ne sont pas interdits, mais doivent être donnés en petite quantité et leur effet observé sur 24 heures. Un cobaye qui présente un ventre ballonné après avoir mangé du chou-fleur doit en être privé.
L’alimentation selon l’âge et le stade physiologique
Les besoins nutritionnels du cobaye évoluent avec l’âge et la situation physiologique. Une alimentation adaptée à un adulte en bonne santé ne convient pas forcément à un jeune cobaye en croissance ou à une femelle gestante. Ajuster l’alimentation selon le profil de l’animal, c’est prévenir des carences ou des excès spécifiques à chaque stade.

Le jeune cobaye (moins de 6 mois)
Un jeune cobaye est en croissance rapide. Ses besoins en calcium, en protéines et en vitamine C sont proportionnellement plus élevés qu’à l’âge adulte. Le foin de luzerne est recommandé jusqu’à 6 mois car plus riche en calcium et en protéines. Les granulés peuvent être donnés sans restriction quantitative pendant cette période de croissance. La vitamine C reste indispensable dès le premier jour, aux mêmes doses relatives que l’adulte (10 à 30 mg/kg/jour).
La femelle gestante ou allaitante
Durant la gestation et l’allaitement, les besoins énergétiques et en vitamine C augmentent. La dose de vitamine C monte à 30-40 mg/kg/jour. Le foin de luzerne peut être réintroduit pendant la gestation et l’allaitement. Les légumes riches en calcium (brocoli, chou vert, persil) sont à privilégier. L’accès à la nourriture doit être permanent : une femelle gestante qui jeûne même quelques heures risque de mettre ses petits en danger. L’eau doit être vérifiée et renouvelée deux fois par jour.
Le cobaye âgé (plus de 4-5 ans)
Passé 4-5 ans, l’appétit peut diminuer, une diminution d’appétit, une perte de poids progressive et une mastication moins efficace. Si le cobaye âgé commence à délaisser le foin, c’est souvent un premier signe de malocclusion dentaire. L’alimentation doit être surveillée de plus près. Les légumes mous (courgette, concombre) peuvent faciliter la mastication si les dents posent problème. Un suivi vétérinaire NAC biannuel est recommandé à partir de 4 ans.
Exemple de menu hebdomadaire
Voici un exemple de rotation sur 7 jours pour un cobaye adulte de 1 kg, avec les quantités indicatives par repas. Deux repas par jour (matin et soir), foin disponible à volonté en permanence, eau changée chaque matin.
Exemple de menu hebdomadaire pour un cochon d’Inde adulte (1 kg)
| Jour | Repas matin | Repas soir | Granulés |
|---|---|---|---|
| Lundi | Poivron rouge (30 g) · Mâche (30 g) · Brocoli (20 g) | Céleri (30 g) · Endive (30 g) · Persil (10 g) | 10 g le matin |
| Mardi | Courgette (30 g) · Chou vert (20 g) · Fanes de carotte (20 g) | Poivron orange (30 g) · Roquette (20 g) · Radis + fane (20 g) | 10 g le matin |
| Mercredi | Persil (20 g) · Fenouil (30 g) · Pissenlit (20 g) | Carotte (30 g) · Chou frisé (20 g) · Concombre (20 g) | 10 g le matin |
| Jeudi | Poivron rouge (30 g) · Topinambour (20 g) · Mâche (20 g) | Brocoli (30 g) · Endive (30 g) · Herbe fraîche (20 g) | 10 g le matin |
| Vendredi | Chou de Bruxelles (20 g) · Céleri (30 g) · Fanes de radis (20 g) | Poivron jaune (30 g) · Pissenlit (20 g) · Roquette (20 g) | 10 g le matin |
| Samedi | Courgette (30 g) · Persil (20 g) · Navet (20 g) | Carotte (30 g) · Chou vert (20 g) · Fraises (20 g, fruit de la semaine) | 10 g le matin |
| Dimanche | Poivron rouge (30 g) · Fenouil (20 g) · Mâche (20 g) | Brocoli (20 g) · Fanes de carotte (20 g) · Concombre (20 g) | 10 g le matin |
Poivron rouge présent 4 fois dans la semaine : source de vitamine C fiable. Carotte limitée à 2 fois : riche en sucre. Un seul fruit par semaine, en soirée. Rotation systématique des légumes pour couvrir un spectre nutritionnel large. Persil à chaque repas où il apparaît pour booster la vitamine C. Ce menu est un exemple : adaptez-le selon la saison et les préférences de votre cobaye.
L’avis de deux vétérinaires spécialistes NAC
Le Dr Jean-François Quinton, spécialiste en nouveaux animaux de compagnie chez Advetia, répond aux questions du Dr Valérie Crousse sur la nutrition du cochon d’Inde. Une vidéo de référence animée par des vétérinaires qui couvre les besoins alimentaires, les aliments à éviter, la prévention de la constipation et du surpoids, et les bonnes pratiques pour l’hydratation.
L’eau : biberon ou gamelle ?
Le débat entre le récipient à bille et la gamelle ouverte revient régulièrement chez les propriétaires de cobayes. Les deux fonctionnent. Chacun a ses avantages.
Le biberon à bille est hygiénique car l’eau ne se souille pas avec la litière. Il permet de mesurer la consommation quotidienne, ce qui est utile pour détecter une polydipsie débutante. Son inconvénient : certains vétérinaires NAC signalent que le mouvement répétitif de la langue sur la bille peut, sur le long terme, contribuer à une mauvaise usure dentaire chez certains individus. La gamelle en céramique lourde (pour éviter qu’elle soit renversée) offre une position de boisson plus naturelle et ne présente pas ce risque. Son inconvénient : elle doit être nettoyée et remplie d’eau fraîche au moins deux fois par jour.
Ce qui ne change pas, quel que soit le contenant : l’eau doit être fraîche, propre et disponible en permanence. Un cobaye dont l’accès à l’eau est limité, même quelques heures, peut rapidement se déshydrater, surtout en été ou si son alimentation est riche en légumes secs.
Alimentation du cochon d’Inde : le bilan
Bien nourrir un cochon d’Inde, ce n’est pas compliqué. C’est juste différent de ce que beaucoup de gens pensent au départ. Le foin d’abord, les légumes ensuite, les granulés en complément. Dans cet ordre. Avec ces proportions et chaque jour.
La plupart des problèmes de santé liés à l’alimentation : malocclusion, scorbut, obésité, calculs urinaires, sont tous évitables. Ils se développent lentement, souvent sans signe visible, à force de petites erreurs répétées. Réviser ses habitudes alimentaires une seule fois, en appliquant les règles de ce guide, peut changer durablement la qualité de vie et l’espérance de vie de votre petit compagnon.
🐾 Ce qu’il faut retenir
- Pyramide : foin 70 % · légumes 20 % · granulés 10 %
- Foin à volonté : timothy pour l’adulte, luzerne pour le jeune cobaye et la gestante
- Légumes : 150-200 g/jour, 3 variétés minimum, 2 repas, à température ambiante
- Vitamine C : 10-30 mg/kg/jour, poivron rouge et persil en sources principales
- Granulés : 15-20 g/jour maximum, uniformes, enrichis en vitamine C, jamais à volonté
- Dégradation vit. C dans les granulés : 65 % de perte après 3 mois d’ouverture
- Pain, céréales, bâtonnets : : à bannir, dangereux et sans intérêt nutritionnel
- Pomme de terre crue : interdite (solanine)
- Fruits : 1-2 fois/semaine maximum, sans pépins ni noyaux
- Eau fraîche : disponible en permanence, changée chaque jour
Alimentation du cochon d’Inde : les questions fréquentes
L’alimentation quotidienne du cobaye repose sur trois piliers : du foin de timothy à volonté et en permanence (70 % de la ration), 150 à 200 g de légumes frais variés répartis en 2 repas (20 %), et 15 à 20 g de granulés enrichis en vitamine C (10 %). Le foin est l’élément le plus important, pas les granulés. Sans foin en quantité suffisante, les dents s’usent mal et le transit se dégrade rapidement.
Les légumes autorisés quotidiennement incluent le poivron (toutes couleurs), le persil, le brocoli, le chou vert, la courgette, le céleri, le fenouil, la mâche, la roquette, le pissenlit et les fanes de carotte. Les légumes à donner avec modération : carotte (sucrée), épinards (oxalates), chou-fleur (fermentation). Les fruits (pomme, fraise, poire, melon) sont à réserver à 1-2 fois par semaine, toujours sans pépins ni noyaux, en petite quantité.
Pour un cobaye adulte de 1 kg : foin à volonté (sans limite), 150 à 200 g de légumes frais par jour en 2 repas, et 15 à 20 g de granulés par jour maximum. Ne jamais laisser les granulés en libre-service : le cobaye les préférera au foin, ce qui déséquilibre toute la ration. Les granulés se donnent en 1 ou 2 prises mesurées.
Non. Le pain est déconseillé malgré la croyance populaire selon laquelle il userait les dents. Cette idée est fausse : l’usure dentaire correcte nécessite les fibres longues du foin, pas la texture du pain. Le pain contient de l’amidon et du gluten que le système digestif du cobaye assimile très mal. Sa consommation régulière peut provoquer des fermentations intestinales et perturber la flore digestive.
Les aliments strictement interdits : oignon, ail, échalote, ciboulette (provoquent une anémie), pomme de terre crue et épluchures (solanine), rhubarbe (oxalates toxiques), avocat (toxique), pépins et noyaux de fruits (cyanure), poireau, fanes de betterave. Les produits à bannir également : pain, céréales, bâtonnets industriels sucrés, produits laitiers, tout aliment cuit ou assaisonné, restes de table. Le cobaye est un herbivore strict : seuls les végétaux frais lui conviennent.
La meilleure façon est d’intégrer des légumes riches en vitamine C dans les repas quotidiens. Le poivron rouge (190 mg/100 g) et le persil frais (130 mg/100 g) sont les sources les plus concentrées et les plus appréciées. Ne pas compter uniquement sur les granulés : la vitamine C se dégrade rapidement après ouverture du sac (65 % de perte après 3 mois). En complément, des gouttes ou comprimés de vitamine C spécifiques cobayes peuvent être donnés dans l’eau ou directement, sur avis vétérinaire.
Oui, mais avec modération. La carotte est appréciée des cobayes et apporte du bêta-carotène, mais elle est relativement riche en sucres naturels. 2 à 3 fois par semaine, en petite quantité (30 g maximum), c’est une bonne fréquence. Les fanes de carotte, elles, peuvent être données plus librement : elles sont moins sucrées et riches en nutriments. Un cobaye en surpoids doit recevoir moins de carotte que la moyenne.
Le foin est disponible à volonté 24h/24, sans horaire fixe. Les légumes frais se donnent en 2 repas quotidiens, idéalement le matin et le soir, à heures régulières. Le cobaye s’habitue très vite aux horaires et commence à couiner à l’approche de l’heure du repas : c’est tout à fait normal. Les légumes non consommés après 2 à 3 heures doivent être retirés pour éviter la fermentation. Les granulés se donnent en une seule prise, le matin.
Image mise en avant : Bonnie Kittle / Unsplash
Cobaye dans le foin (section foin) : Susie Kearley / Pixabay
Cobaye nourri à la main (section légumes) : Daciana Cristina Visan / Pexels
Cobaye adulte et carottes (section alimentation selon l’âge) : Lorin Both / Unsplash
Sources et références
- Conseil National de l’Ordre des Vétérinaires · veterinaire.fr
- Centre National d’Informations Toxicologiques Vétérinaires (CNITV) · 04 78 87 10 40 (24h/24)
- Sevetys · Quelle alimentation donner à son cochon d’Inde · Dr Antoine Goll · clinique vétérinaire du Château
- Virbac France · Nourrir son cochon d’Inde : besoins nutritionnels et vitamine C
- CHV Frégis · Médecine des NAC : alimentation et prévention chez le cobaye
- ANSES · Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
Vétérinaire généraliste avec une expertise en médecine des NAC. Contribue régulièrement au Guide Santé Animale Saint-Romain.















